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Réaction au film "Walter, retour en Résistance"

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Le dernier film documentaire de Gilles Perret fait débat depuis plusieurs semaines.

Et comme ont dit, mieux vaut juger par soi même ... avant de s'exprimer.

J'ai donc assisté hier soir à la projection du film "Walter, retour en Résistance", au cinéma La Turbine de CRAN-GEVRIER.

Je dois dire que j'ai été particulièrement scandalisé par le parallèle fait entre la période de la Résistance et l'appel à la révolte face à "l'attitude" du Gouvernement actuel.

J'en ai vu des films scabreux, mais en terme de démagogie et de propagande de gauche (ou plutôt en faveur de Besancenot), on a rarement fait mieux.

Sous couvert des deux questions auxquelles le film est censé apporter les réponses "Qu'avons nous fait des idéaux du Conseil National de la Résistance?" et "Résister se conjugue-t'il au présent", ce film fait un dangereux parallèle entre les résistants face au Gouvernement de Vichy et à l'envahisseur allemands et l'idéologie du Gouvernement actuel, qui je le rappelle et n'en déplaise à certains, a été élu démocratiquement.

Le dindon dans cette affaire est Walter Bassan, 82 ans, résistant, communiste et militant CGT de son état, qui croyant se borner à apporter un témoignage sur la Résistance, semblait lors du débat qui a suivi, bien embarrassé par certains aspects du film. 

Le film parlons-en :

Son origine semble liée à la visite, la veille du second tour de la présidentielle de 2007, de Nicolas Sarkozy au Plateau des Glières. Le réalisateur parle de récupération et axe tout son film sur la seule personnalité et les valeurs de Walter Bassan, qui se prévaut en fin de film de s'exprimer au nom de tous les résistants (et non, tous n'étaient pas communistes) ... On croit rêver.

Le film alterne entre rappels historiques et transpositions actuelles plus que douteuses :

  • bande son de France Info sur le suicide d'un jeune russe ... dans une France qui préconise l'exclusion
  • nouvelle bande son sur les quotats d'étrangers et la politique de Brice Hortefeux
  • lien avec les élections municipales du 16 mars 2008 (sous-entendu, votez bien, votez à gauche)
  • couplet sur le fichage et la mise en place des tests ADN pour les immigrés
  • couplet sur la mise à plat de notre système social (franchises médicales ...)
  • ce cher monsieur Bassan parle même d'eugénisme ...

Le pire dans cette affaire, c'est que le réalisateur et ce cher monsieur Bassan essaient de prendre à partie les jeunes, de leur imposer leur point de vue politique, sous prétexte de l'encadrement d'un voyage de découverte (financé par le Conseil Général) du camp de concentration de Dachau.

Constatant que les réactions des jeunes ne va pas dans son sens, ce que j'ai souligné lors de mon intervention, Gilles Perret, dans sa réponse, parlera d'une jeunesse inculte, incapable de faire le tri des informations, incapable de se révolter ...

Pour un film censé réveiller la "capacité d'indignation" des citoyens, vous avez atteint votre but Monsieur Perret ...

Honnêtement, au lieu d'utiliser des procédés aussi bas que la désobéissence civile, des rapprochements honteux qui salissent l'image des résistants morts pour la France, et avec comme il se doit un financement du Conseil Régional (majorité de gauche), battez vous sur les idées ... et respectez les votes démocratiques ... même lorsqu'ils ne vous sont pas favorables. Mais c'est vrai que sur ce plan, et on le voit tous les jours à l'Assemblée nationale, il n'y a personne.

Le comble : parmi la salle entièrement acquise à la cause du réalisateur (et oui nous sommes à Cran-Gevrier, ville de gauche), un spectateur insiste pour que ce film soit projeté dans chaque salle d'école ... comme au bon vieux temps de la propagande.

Fermez le ban.

Pour plus d'infos, je vous recommande la visite du site du CNR (Conseil National de la Résistance).

et la vidéo qui va avec, avec notamment l'intervention de Stéphane Hessel, l'un des protagonistes du film ... on s'éloigne sacrément des résistants de 39-45

www.conseilnationaldelaresistance.fr 


Commentaires

  • Bravo Lionel,

    Enfin une personnalité qui s'insurge contre cette propagande malsaine. J'avais demandé au "chef" de répliquer mais je vois que c'est toi qui t'en charge et c'est très bien et surtout très bien dit.

    Suis-je autorisé à reprendre l'intégralité de ton billet pour le diffuser sur Annemasse ? En citant la source bien entendu.

    Encore bravo et merci;

  • Sans problème.

  • Publié !

  • Bravo monsieur le député !

    Habitant CRAN il faut toujours se rappeler que CRAN est à gauche, du moins sa mairie, et que la programmation de certains évènements est en rapport avec sa couleur.

  • Monsieur le député,

    J'ai assisté comme vous à la projection du film "Walter retour en résistance" à CRAN-GEVRIER.

    Je tiens tout d'abord à souligner votre dévouement pour avoir assisté à la projection et au débat qui a suivi (votre réaction était quand-même plus "soft " à la turbine en présence du réalisateur et de Walter BASSAN).

    Le courage remarquable de vos collègues élus de l'UMP à ne pas assister à la soirée est à souligner (le réalisateur du film ayant rappelé qu'ils étaient invités).

    J'ai découvert avec stupéfaction l'attitude du président de l'Assemblée nationale pendant son entretient avec Gilles PERRET, je le connaissais avec les dent longues , mais là ! , proférer des menaces aussi violentes contre quelqu'un qui ne pense pas tout à fait comme lui (aurait-il "pété " les plombs !

    Pour ce qui est du film en lui-même , de sa démagogie et de sa propagande véhiculée, que de cris d'orfraies contre une simple observation d'un réalisateur de documentaires et le réflexion sur notre avenir d'un résistant qui certe à le malheur d'être un méchant communiste et un vilain syndicaliste de la CGT.

    Peut-être la réalisation du film par un réalisateur convenu officiellement et le témoignage d'un résistant de la dernière heure vous auraient-ils mieux convenus ?

    Il est vrai que pour faire de la propagande celà aurait été plus facile pour diffuser ce film dans les écoles !

    L'élection démocratique d'un gouvernement ne veut en aucun cas dire que tout le monde doit-être le petit doigt sur la couture et se taire.

    Vous aurez compris, Monsieur le député, que nous avons vu le même film, mais que nos réflexions ne se rejoignent pas. Pourtant nous sommes de la même génération (mes parents et grands-parents ayant terriblement soufferts de la seconde guerre mondiale et du régime fasciste de vichy).

    Ce film me rappel tout simplement qu'il faut toujours être vigilant et ne pas se laisser manipuler par le pouvoir " quel qu'il soit !".

    Monsieur le Député, sincères salutations.

  • Bonjour,

    J'ai assisté à une projection de ce film ainsi qu'à deux débats qui ont suivi des projections et je n'ai pas l'impression d'avoir vu le même film que vous !

    A aucun moment dans le film, il n'est fait d'amalgame entre le nazisme et le gouvernement actuel.

    Au contraire, il est souligné dans le film et souvent dans les débats la différence entre ces deux périodes. Il est noté que face à l'horreur nazi, à l'occupation et au régime de Vichy, l'engagement dans la résistance était plus dangereux et plus total, mais était aussi plus nécessaire et évident pour les gens qui défendent des valeurs humanistes.

    Aujourd'hui, dans un contexte démocratique, la défense de ces valeurs passent évidement par des formes de résistance différentes et respectueuses du débat démocratique. Walter Bassan, le protagoniste du film, a tout au long de sa vie défendu des valeurs d'abord dans la clandestinité sous l'occupation, puis dans le militantisme syndical ou politique.

    Les valeurs de cet homme on été concrétisées à la liberation par la mise en oeuvre du programme national de la résistance, qui n'était pas un programme communiste, mais un consensus entre toutes les composantes de la résistance.

    Walter, continue à coire en ces valeurs et à agir pour leur défense. Ne retrouvant pas sa vision des notions de solidarité et de liberté contenu dans le programme de conseil national de la résistance dans les politiques actuelles, il est légitime, pour lui et pour les gens qui partagent sa vison des choses, d'interroger les réprésentants de la majorité qui revendiquent une filiation vis à vis de la résistance en étant diamétralement opposé à cetaines orientations du programme du conseil nationnal de la résistance.

    Cette intérrogation est légitime, mais n'implique pas du tout une vision manichéenne des choses, qui consisterait à dire que tout ceux qui s'éloignent de la politique du CNR sont des nazis !

    Pourquoi ne pas assumer le fait que 60 ans après la fin de la guerre, les heritiers du Gaulisme ont une orientation politique divergente de celle mise en place par le CNR ?

    Cette divérgence n'étant d'ailleurs pas incompatible, à partir du moment ou elle est publiquement assumée, avec le respect qu'on se doit d'avoir pour l'ensemble des résistants de la seconde guerre mondiale.

    Par ailleurs, vous citez dans votre chronique plusieurs faits d'actualité rapporté en fond sonore dans le film. Vous affirmez que le film fait des parrallèlles entre ces évènements et des faits historiques.

    Personnellement, à aucun moment du film, je n'ai entendu une intervention comparant ou assimilant un seul fait hitorique à un fait d'actualité !

    Je n'ai vu pour ma part que le parcours d'un homme venant éclairer ses indignations et ses révoltes présentent.

    Voir un homme qui s'émeut de la condition des détenus en France a pour ma part d'autant plus de sens quand on sait que cet homme à vécu l'enfer de la détention des camps.

    Qu'en temps que responsable politique, vous vous sentiez à la vision de ce film, comparé aux régimes nazis, m'inquiète fortement sur la confiance que vous accordez à la légitimité des politiques que mène votre majorité.

    Je vous rappèle l'anédocte du film rapporté par l'épouse de Walter. Les conditions d'hygène étaient telles dans les camps que Walter ne peut manger de la salade, encore aujourd'hui, qu'après l'avoir lavée personnellement.

    Pensez-vous que face à ce fait, Madame Bassan considère que son mari compare ses qualités culinaires à la gastronomie de Dachau ?

    Vous dénoncez également, dans ce film une forme de manipulation de la jeunesse.

    A part, un témoignage strtictement factuel de sa déportation et de son engagement dans la résistance, la seule opinion émise durant le film par Walter à l'encontre des jeunes est son dégout de la guerre ! Quant au réalisateur, il laisse s'exprimer les jeunes sur leur valeurs et il apparaît à la fin de l'interview que la grande majorité de ces jeunes auraient voté Sarkozy !

    Il est vrai que face à un public militant, des contradictions sont assez évidentes entre les valeurs exprimées par certains de ces jeunes et les programmes des candidats choisis.

    Par contre, durant les débats auquels j'ai assistés, l'atitude de Gilles Perret a toujours été extrèment respectueuse vis à vis de ces jeunes.

    Il a certe souligné un manque de culture poltique tout à fait justifié au vu de leur jeune age, mais il a toujours exprimé un grand respect pour ces jeunes pleins d'humanisme et de générosité et qui sauront avec le temps mettre leur choix politiques en adéquation avec leur valeurs.

    Enfin, Je n'ai vu dans ce film aucun appel à l'insurrection ni à la désobéissance civile. Je n'y ai vu qu'un appel à garder une capacité d'indignation et à résister à des politiques qui vont à l'encontre de nos convicitions.

    Mais rassurez-vous Monsieur le député, tant que vous respecterez la démocratie et les conditions nécessaires à son bon exercice (liberté de la presse, liberté d'espression, respect des droits de l'homme etc..) nous resisterons en utilisant notre droit à intervenir par tous les moyens légaux aux débats démocratiques.

    Ce qui fait surtout polémique dans ce film, ce sont les deux séquences montrant de haut responsables UMP. Celle montrant l'attitude un peu légère de notre président lors d'une cérémonie d'homage aux résistants morts aux Glières. Et la seconde, montrant le dérapage de Monsieur Accoyer, menaçant un journalite qui vient de lui poser une question déplaissante.

    Alors, Monsieur le député, au lieu d'attaquer un journaliste qui certe ne se cache pas d'être militant, battez vous avec nous pour la liberté d'expression et pour que le débat démocratique puisse se dérouler serainement.

    Le premier signe de votre bonne volonté serait de publier ce commentaire sur votre Blog.
    Salutation respectueuses.

    Bruno

  • En ce jour anniversaire de la disparition de Staline, je me demande si Gilles Perret ne pourrais pas, avec quelques subsides des conseils généraux et régionaux, nous concocter un nouveau film sur le "petit père des peuples", sa vie, son oeuvre... et faire un parallèle élogieux avec le Nouveau Parti Anticapitaliste ou le PCF.

    Il pourrait également développer son propos pour excuser les purges, les massacres et le pacte germano-soviétique qui jusqu'au 22 juin 1941 fit que les communistes étaient bien silencieux et tolérants face aux barbaries nazies.

    Il faut qu'il assume jusqu'au bout son engagement en résistance face aux méchants de l'UMP....
    et avec ça, il obtiendra peut-être une place de Ministre de l'information dans un pays totalitaire de gauche.

  • Bonjour citoyen Tardy,

    Quelques questions après lecture de votre commentaire:

    1. Saviez-vous que la démocratie est un régime et une dynamique? Une élection n'a pas pour fonction de glacer la lutte politique et sociale ou la contestation intellectuelle pour le temps du mandat (ici présidentiel)? Même les grands libéraux du XIX (Mill, Constant) en étaient conscients.

    2. Saviez-vous que certains régimes tristement célèbres ont eu des moments démocratiques ?

    3. Pensez-vous qu'il faille attendre les bottes et les casques pour commencer à "résister", critiquer, remettre en question ?

    4. Ne pensez-vous pas que la remise en question perpetuelle, la recherche infinie de la justice soit l'essence de la démocratie; et que cette attitude est notre dignité quel que soit le degré d'iniquité du gouvernement qui nous fait face?

    5. Le cnr certes luttait contre les nazis, mais portait aussi un projet positif de quête de la justice et de refus de toute domination. Etes-vous aveugle à cet aspect essentiel?

    6. En sacralisant cyniquement la Résistance, en la vidant de son contenu dynamique et créatif, le gouvernement ne tente-t-il pas de museler les résistances nécessaires d'aujourd'hui?

    7. La désobéissance civile, bas procédé comme vous le dites, est en fait une utilisation, une reprise citoyenne des ambiguités (et des aspects de légalisation des résultats des rapports de force) de la loi: c'est la résistance à une loi particulière au nom d'un principe supérieur (constitutionnel par exemple). Ne savez-vous pas que lorsque le mouvement instituant de la société vit à nouveau, ce principe retrouve ses lettres de noblesse? (Constitution de l'an I, insurrection comme devoir, etc.)

    8. Ne voyez-vous pas que la désobéissance civile ou l'insurrection est l'effet d'une crise profonde des valeurs de légitimation? Cette "crise", comme il est dit plus haut, peut n'être qu'un ferment nécessaire au mouvement démocratique; mais quand le questionnement est étouffé alors c'est bien d'une crise qu'il s'agit. Je ne tirerai aucune conclusion sur votre culture politique mais savez-vous qu'après les grands libéraux on pourrait analyser l'insurrection comme un défaut de représentation (Mill, considérations sur le gouvernement représentatif). De même Rousseau:

    "S'il faut obéir par la force on n'a pas besoin d'obéir par devoir, et si l'on est plus forcé d'obéir on n'y est plus obligé."

    Vous voyez, ce bas procédé, excède la Résistance et apparemment votre horizon intellectuel.

    9. Comme M. Accoyer, n'êtes-vous pas des révolutionnaires cachés? Entendre vos déclarations, analyses (sur les retraites, sur la Résistance, etc.), considérer les lois qui sont votées en ce moment, voir la manière de gouverner dans le cadre ce ces lois laisse songeur. Misez-vous sur la naiveté du peuple? Oeuvrez-vous à la destruction du système politique? Ou n'êtes-vous que sincères et innocents, ce qui en dirait long sur le type anthropologique actuel du politique?

    Le sens de vos déclarations à l'emporte-pièce inquiéteraient tout démocrate et même tout républicain lucide.

    9 questions, neuf réponses attendues. Après le texte de votre blog, donner quelques précisions est plus que politesse, c'est probité.

  • Monsieur le Député,

    Je tiens tout d'abord à vous féliciter pour la tenue et la modération de ce blog qui témoigne à lui seul des qualités démocratiques qui vous animent.

    Fils d'un ancien des Glières originiare du Nord et arrivé en Haute Savoie en septembre 43 à 19 ans après un long périple, puis interné et déporté, je peux témoigner : tous les résistants n'étaient pas communistes, loin s'en faut.

    Mais c'est comme l'a souvent souligné le Président Sarkozy, ce qui a fait la force et la grandeur de ce mouvement en Haute Savoie : la diversité d'origines, de cultures, de croyances et de convictions.

    Les mouvements en réaction aux différentes venues de notre Président sont tous guidés par une seule et même volonté : celle de déstabiliser, de salir. Ces mouvements déshonorent nos anciens. Mon père, aujourd'hui âgé de 85 ans, souffre encore de ces agitations.

    Mon père comme moi, pourtant électeurs de droite nous souvenons toujours avec une très vive émotion de la venue de François Mitterand pour le cinquantième anniversaire des combats. En effet, plus que la venue d'un homme, plus que la défense d'une idéologie, la présence du Président, de gauche ou de droite, est un honneur de la Nation fait aux anciens des Glières qui se doit d'être respecté en tant que tel.

    Profitant les vacances scolaires dans notre Nord, je ferai le voyage jusque Morette le 30 avril prochain avec mes enfants de 11 et 14 ans afin que ce moment soit dans leur mémoire à jamais attaché à l'hsitoire de leur Grand-Père.

    Très sincères salutations.

  • Messieurs élus de l'UMP,

    A vous lire et vous entendre on dirait que l'héritage Gaulliste a été passé par dessus bord.

    On retrouve de plus en plus dans vos propos les relants des Ligues, de la Cagoulle et de Vichy ; dès que ça pense différemment de vous l'insulte et la haine fusent.

    Argumentez donc et sortez des anathèmes !!!

    La Résistance n'est pas une page de l'Histoire que nous devrions conserver dans un musé au frais, vous aimeriez bien cela, mais il s'agit bien d'une philosophie de vie et d'une lutte de chaque instant et c'est bien ce que souligne le film ne vous en déplaise, etc'est bien ce que les membre du CNR disaient... Henri Frenay en tête.

    Cordialement,

    Alix Gosset

  • Le label "résistance" ne sanctifie pas tous les résistants qui eurent chacun leur parcours.

    N'oublions pas les suites de la résistance et leur tentative de prise de pouvoir après la guerre de ces anciens alliès de l'allemagne nazie et qui ne devinrent résistant qu' après la rupture du pacte germano-soviétique. Ils n'ont pas à nous donner des leçons.

    Enfin, quand cesseront ces procès d'intention des ceux dont les amis interdissent à chacun de s'exprimer ou de rechercher la vérité dans cette histoire qui est la notre.

  • Heureux que ce film ait une sortie nationale, heureux qu'il déplaise à certaines personnes qui nous donnent des discours consensuels du matin au soir. C'est lorsque les films déclenchent la critique qu'ils peuvent etre considérés comme réussis! Merci monsieur le député d'encourager la critique pour servir ce très beau documentaire, vous etes résistant aussi en fin de compte!

  • Monsieur le député,

    Votre colère est compréhensible, mais assimiler ce film à de la propagande communiste prouve une certaine étroitesse d'esprit, et surtout une méconnaissance de ce qu'est vraiment la propagande. Celle-ci est une projection unilatérale, l’expression d’une seule idéologie. Ce n’est pas le cas du film.

    Je me permets de rappeler que, si Walter Bassan est effectivement militant communiste, son propos rejoint dans le film celui d'une grande figure de la résistance et la déportation, Stéphane Hessel, qui lui n’est pas communiste. Les deux hommes tombent d'accord.

    Le programme du CNR, malmené comme toutes les formes de solidarité par les politiques actuelles, est issu d'une réunion de diverses tendances politique, avec come piliers à gauche les communiste et à droite les Gaullistes.

    Puis-je vous rafraichir la mémoire en évoquant la scène du bus, ou l'on voit de jeunes lycéens dire qu’ils auraient voté pour Nicolas Sarkozy? La simple présence de cette scène dans le montage du film l'exempte du terme de propagande.

    Ce film s'attaque ouvertement à la politique de votre parti. Mais toute forme de militantisme devrait-elle souffrir du terme abusif de propagande, et sur lequel on rajoute des adjectif agressifs du genre "stalinien", signe évident, en général, de manque d'argument ?

    En définitive, je redis que votre colère et légitime, mais vous conseille vivement de ne pas employer des termes dont la signification vous dépassent totalement.

  • Nous venons de voir le film de Gilles Perret dans le cadre du Festival du Livre de Mouans-Sartoux ce week-end.

    Vous avez tout à fait le droit d'exprimer votre opinion et c'est tout à votre honneur que d'avoir voulu voir le film (et de l'avoir fait !) avant de faire un commentaire.

    Cependant, comme vous êtes un député de la Nation, et donc pas uniquement de votre circonscription, je pense tout à fait légitime de m'adresser à vous, même si je ne sis pas de la Haute-Savoie, et je me permets de vous rappeler certains faits :

    - Hitler a été démocratiquement élu en 1933, par une majorité de ses concitoyens. Il n'est pas arrivé au pouvoir par un coup d'état mais bien par le nombre des bulletins de vote. Est-ce que cette légitimité électorale devait faire qu'on baisse la tête devant lui ? Dans ce cas, vous contredisez le NON du Général de Gaulle, qui appelait à la résistance.

    - Mais il n'y a pas eu que les votes pour favoriser l'accession au pouvoir de Hitler, à bien y regarder. Il a bien été aidé par les puissances d'argent de l'époque, curieusement les mêmes qui sévissent actuellement via les crises que nous subissons depuis une bonne trentaine d'années, les mêmes aussi qui ont honteusement collaboré de ce côté-ci de la ligne Maginot pour abattre la France. Ne vous êtes-vous jamais demandé comment un pays tel que le nôtre avait pu s'effondrer en quelques jours, alors qu'il avait "tenu" quatre longues années face au même adversaire en 14-18 ? Serait-ce une stratégie du choc avant l'heure, en vue de démanteler les acquis sociaux du Front Populaire de 1936 ?

    - le rappel du programme du CNR deviendrait-il si gênant pour l'UMP ? On sait bien - et c'est cité dans le film - que le rêve du Medef et de la bande du Fouquet's, c'est bien de détricoter ledit programme, afin d'ouvrir un boulevard à la finance internationale. Eh oui, il faut le rappeler : "Les Jours Heureux", un programme concocté dans la clandestinité, par des gens qui risquaient leur vie tous les jours, alors que la France était en ruines, en guerre, avec une population affamée, bref un pays dans un état digne du Tiers-Monde actuel. Et on voudrait nous faire croire qu'en 2010, alors que nous ne sommes pas en guerre, ni ruiné, ni affamé, la 5ème puissance mondiale, en paix avec ses voisins, il n'est plus possible de maintenir ce même programme ? Alors que nous n'avons jamais été aussi riche, jamais autant de richesses n'ont été produites...

    - Quant aux jeunes que Gilles Perret interroge dans son bus, sans prendre parti, sans les influencer, oui, je suis d'accord, ils sont d'une inculture due à leur immaturité, c'est normal, c'est pourquoi le droit de vote n'est accordé qu'à 18 ans, sinon, on pourrait tout aussi bien abaisser l'âge du droit de vote comme celui de la responsabilité pénale (à 13, voire 10 ans). Ils sont sous le choc de ce qu'ils viennent de voir à Dachau, ils sont sincèrement révoltés, mais c'est connu, les enfants répètent ce qu'ils entendent chez eux... ainsi qu'à la télé - la télé qui est très souvent aux mains de grands groupes média dont les dirigeants sont très souvent bailleurs de fonds de l'UMP et/ou membres de la bande du Fouquet's... Laissons-les murir, ces jeunes, et d'ici quelques années, ce sont eux qui seront dans la rue contre des initiatives du style CPE ! L'histoire impose du recul et une certaine maturité, tant est qu'on ne se laisse pas abrutir par TF1 et consorts.

    - la bande-son n'est pas fabriquée mais bien de l'info livrée avec pertinence et déjà diffusée sur les ondes. France-Info n'est pas un média orienté, c'est un média qui fait son boulot de nous informer. S'il relate des pratiques gênantes pour leurs auteurs, c'est à ces derniers de faire amende honorable et de réparer leurs torts. Ou bien de les assumer totalement et avec honnêteté, sans se réfugier derrière une quelconque hypocrisie et mauvaise foi.

    Un dernier fait que vous ne pouvez pas connaître mais que je vous livre : ce film a été projeté au Festival du Livre de Mouans-Sartoux, avec un débat ensuite. Il a été chaleureusement applaudi et le débat a été très suivi, avec beaucoup d'intérêt. Il est ressorti cependant que les spectateurs étaient d'accord avec Gilles Perret et Walter Bassan sur les points suivants :
    - qu'il est urgent de résister et de rester vigilants. Plus que jamais.
    - que le parallèle entre la France de Vichy et le facho-capîtalisme et la dictature de l'actionnariat actuels ne sont pas un mythe mais bien une réalité.
    - que les faits parlent d'eux-mêmes : le gouvernement et l'attitude de N. Sarkozy ne sont pas dignes de la France et de ses valeurs. J'ai peine à reconnaître mon pays. Mais je le reconnais tout à fait dans la résistance et la vigilance qui s'installent dans la conscience de certains de mes compatriotes face à des lois scélérates (et j'emploie cet adjectif à dessein).

    Personnellement, j'ai eu honte du comportement du Président qui discute de manière frivole pour cacher son évident manque de culture et d'intérêt pour cette partie de notre histoire récente. Aucune dignité, aucune classe. Le minimum de décence aurait été de rester silencieux, surtout si on est ignorant. A croire qu'il s'ennuyait d'être là !

    Oui, je crois que la finance internationale = fascisme.
    Oui, je crois que la dictature de l'actionnariat a bien remplacé celle du prolétariat (si tant est que celle-ci se soit vraiment implantée en France, ce que je ne crois pas).
    Oui, je crois aux jours heureux et je crois que nous sommes suffisamment riches pour partager et faire en sorte que tout le monde puisse vivre décemment dans notre pays et ailleurs.

    Enfin, tous ceux qui veulent démolir et/ou s'évertuent à éreinter notre Sécu, nos services publics, notre école, ils en ont bien profité aussi à une époque, non ? C'est un peu facile, mais bon, c'est connu, la finance internationale n'a même pas la reconnaissance du ventre, quand on voit ce qu'elle inflige à certains pays qui ont pourtant mis la main à la poche pour la sauver !

    Nous n'avons toujours pas résolu notre problème avec la période de Vichy. Il devient urgent de le faire, en mettant tout à plat, que la richesse de certains actuellement prend sa source dans la collaboration qui a bien fait fructifier leurs affaires pendant que la population crevait de faim, de froid et de peur. Quand elle ne mourrait pas sous les coups de la barbarie nazie. Il est temps de crever l'abcès ! Mieux vaut tard que jamais.

    Nous sommes condamnés à revivre l'histoire si nous ne la connaissons pas. Je crains que c'est ce qui risque d'arriver, mais quand je vois des gens comme Walter ou Stephane ou Gilles ou tous mes concitoyens qui applaudissent à ces témoignages et qui ne résignent pas à la peur ni à la résignation qu'on voudrait nous imposer, qui restent solidaires, bref, qui résistent, eh bien, j'ai encore espoir en le génie de notre pays.

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