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Retraites ... le débat de la capitalisation

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Notre système de retraite, fondé sur la répartition, est un vrai sujet de réflexion : tout le monde sait que l'on va dans le mur en klaxonnant, mais personne n'a encore eu le courage de prendre des mesures drastiques.

Hors tout le monde sait que notre système actuel n'est tenable qu'à condition :

  • soit d'augmenter la durée de cotisation
  • soit d'augmenter le montant des cotisations
  • soit de baisser le niveau des pensions

Aucune de ces solutions n'est tenable à moyen terme. Auncun salarié ne sait réellement combien il cotise par mois pour son hypothétique retraite (alors que les droits acquis représentent plus de 20 000 milliards d'euros) : savez-vous qu'un smicard paie chaque année deux mois de salaire net en cotisation vieillesse, pour quel résultat futur ??

Contribuables Associés a organisé, ce mardi, une réunion autour de José Pinera, ancien ministre du travail du Chili, et pionnier d'une évolution réussie du sytème des retraites dans son pays.

De quoi s'agit-il ?

Il s'agit de remplacer la répartition par un système de compte retraite personnel. 10% du salaire est versé chaque mois sur un compte (au choix du salarié) ou il est bloqué pendant 40 à 45 ans. L'Etat n'a plus aucun droit de regard sur l'argent ainsi collecté. Un tableau de reporting est adressé tous les 3 mois à chaque salarié. Ces fonds sont "garantis" par l'Etat chilien et parallèlement le gouvernement chilien a mis en place une garantie de pension minimum.

Comment s'est faite la transition ?

Sur la base du volontariat : soit le salarié peut conserver son système de répartion, soit aller vers le système de compte retraite personnel. 94% des salariés chiliens ont choisi le sytème de compte retraite personnel. Pour rembourser les gens qui avaient déjà cotisé pour partir au système de répartition, il a été mis en place des bons de validation (calcul du capital cumulé depuis qu'ils travaillent) qui ont été crédités sur le compte retraite de chaque salarié.

Ce système ade compte retraite personnel a même été élargi aux travailleurs indépendants par la nouvelle présidente chilienne, Michelle Bachelet, qui n'est pourtant pas de droite ... Comme quoi il s'agit d'une solution qui transgresse les clivages.

Comment sort-on du système ?

On sort soit en rente : le capital recueilli au sein du compte retraite personnel est transformé en pension mensuelle (type assurance vie), ou on sort en capital : le salarié garde le capital et programme des versements mensuels (en cas de dècès prématuré, sa famille récupère l'intégralité du capital).

Quel résultat :

  • sécurité parfaite : pas 1 euro de capital perdu en 28 ans
  • taux de rendement moyen du capital de 9% (la crise actuelle n'a coûté que 1%)
  • plus besoin pour le Chili d'aller quémander des fonds à l'étranger
  • augmentation des investissements dans le pays (de 1%, la croissance est montée à 7%) : le Chili est devenu le pays le plus riche d'amérique latine
  • après 1 an de transition, le gouvernement chilien a reçu beaucoup de taxes supplémentaires qui ont permis de payer les bons de validation, du fait d'une baisse des charges pour les entreprises.
  • changement culturel profond de la population.

Qui a adopté ce système ?

Ce système est en place depuis plus de 28 ans au Chili. Dès sa mise en oeuvre effective, José Pinéra a parcouru le monde pour "évangéliser".

A ce jour, 28 pays l'ont adopté : 10 pays d'amérique latine (Pérou, Mexique ...), la Pologne (sous Lech Walesa) ...

Un vrai débat ... surtout quand on découvre les nouveaux dérapages des retraites des fonctionnaires sur le Figaro de ce jour (voir ci-dessous).

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Commentaires

  • On peut faire deux commentaires à une approche par capitalisation prise aujourd'hui.

    La première est temporelle. Le besoin est de couvrir la retraite du papy boom. Or les gens à couvrir n'ont pas le temps matériel de capitaliser suffisamment un fond permettant de couvrir les besoins, à moins de repousser très sensiblement l'âge de départ à la retraite, c'est a dire d'une dizaine d'années, ce qui est impensable. La retraite des papy boomer sera donc couverte par la communauté nationale sous une forme ou une autre ( répartition assise sur les cotisation salariales, repartition assise sur l'imposition, repartition assise sur l'endettement ).

    Basculer aujourd'hui sur un système par capitalisation pour les prochaines générations de retraité reviendrait donc à les faire payer deux fois la retraite une fois pour la retraite par répartition des papy boomer et une fois par capitalisation pour la leur.

    L'autre problématique est structurelle. Une retraite par capitalisation génère un capital investit qui est censé généré une rente suffisante pour couvrir les retraites. Cela entrainte un afflux massif de cash sur tous les moyens de placement utilisés sur longue durée, ce qui entraine une effet inflationniste sur ceux ci ( ugmentation des prix de l'immobilier, des cours de bourse, baisse des taux obligataires, donc rencherissement du placement obligataire).

    Comme vous ne pouvez pas obtenir des rendements suffisant en 40 ans de placement pour obtenir 30 ans de retraite sans toucher au capital, vous devait pour couvrir les retraites sortir en capital, ce qui veut dire que dès que vous devez effectivement commencer à servir des retraites, vous entrainez mecaniquement uen sortie massive de capital des placement que vous avez acheté fort cher à cause de l'effet inflationniste generé, et vous allez donc entrainer un effet deflationniste lors de la sortie. En résumé, structurellement, une retraite par capitalisation vous force à acheter cher et revendre bon marché

    A moins d'etre dans une expansion démographique, car dès lors les nouveaux cotisant contre l'effet déflationniste des retraités, le système ne peut pas être équilibré, pas plus que le système par répartition.... et pour la simple raison qu'en fait la capitalisation est un système par répartition assis sur un prélèvement sur le rendement du capital...

    De toute manière, dans les conditions de retraite actuelle ( age de depart, taux de remplacement ) nous devrons d'ici dix ans consacrer 15% de PIB pour assurer le niveau de vie de nos retraités, plus 10% à 15% de PIB de système de santé.

  • Coûts des retraites :

    L'évaluation du coût de la retraite des fonctionnaires de 357 milliards contient-elle la pratique suivante qui a tendance à devenir une règle : un (haut-)fonctionnaire avec une carrière en métropole se fait muter dans les dom-tom les 6 derniers mois de sa carrière (quand il n'a plus ses enfants à charge).

    Comme sa retraite est calculée sur les 6 derniers mois de salaire il peut revenir 6 mois plus tard en métropole avec une retraite de luxe (exemple +53% s'il était à la Réunion). le top du top du hold-up social... pour le restant de sa vie.

  • Il n'y a pas que la mutation dans les DOM-TOM.

    Pour les hauts fonctionnaires il y a les postes de conservateur des hypothèques et de TPG.

    De véritables Jackpots.

    Et que penser de ce haut responsable de la CGT., Mr Le Duigou.

    Il a été nommé récemment conservateur des hypothèques à Nanterre, et comme par hasard à quelques mois de sa retraite.

    Pourtant, il a passé toute sa vie en détachement dans son syndicat.

    Profondément "dégueulasse" l'attitude de ces donneurs de leçons que sont les responsables syndicaux.

    Encore plus affligeant l'attitude du ministre qui permet cela!

    Assourdissant, le silence des députés qui n'ont pas posé les questions qui s'imposaient.

    Serviles (ou sectaires) les journalistes qui n'en ont pas fait un dossier pour éclairer l'opinion!

  • Quand prévoyez vous une réforme des retraites des députés ?

    Car vous faites des réformes mais vos statuts à vous, vous ni touchez pas beaucoup.

    Merci.

  • Avec ce système, fini les régimes spéciaux (y compris des députés), on remet tout à plat et on touche en fonction de ce que l'on cotise réellement.

  • Je vous proposerai encore plus simple et plus radical.

    La création de comptes de réserve. Tout dépot serait défiscalisé, et tout retrait serait refiscalisé. Pas de durée de blocage minimum, pas de condition de sortie ou de placement, pas de fiscalisation des revenus qui serait maintenu sur ce compte et serait fiscalisés à leur sortie.

  • La mondialisation doit financer les retraites !!!

    A l’heure de la mondialisation qui est accusée de tous les mots par certains, et de toutes les vertus par d’autres, il pourrait être intéressant d’utiliser cet outil pour résoudre un de nos plus grands problèmes financiers des prochaines décennies.
    Si les conséquences sociales, essentiellement dues aux délocalisations sont douloureuses, il semblerait que les bénéfices en terme de bienfait économiques soient supérieurs.

    Si cela est vrai, pourquoi devrions-nous nous résigner à subir la double peine ? En effet, le premier effet est déjà douloureux pour tous les salariés qui perdent leur emploi, pourquoi en plus devraient-ils être privés de leur retraite à cause d’un moindre niveau de cotisation, et donc de régime, nous promet –on, déficitaires ?

    Sans vouloir sortir une baguette magique qui serait à elle seule l’ensemble de la solution, il nous semble, que le financement des retraites ne peut pas être résolu uniquement en raisonnant en autarcie franco-française. Une partie de ce problème est avant tout financier (nous aurons l’occasion de nous exprimer sur d’autres aspects), la finance a depuis bien longtemps dépassé les frontières, essayons donc d’ébaucher des pistes de solutions, en ne mentionnant pas celles qui ne relèvent pas uniquement d’une décision politique de notre pays.

    La piste de la TVA sociale affectée aux retraites pourrait être une piste. Elle est souvent décriée comme injuste car payée par les plus pauvres, mais elle permet de taxer les produits délocalisés qui s’affranchissent de notre modèle social. De plus, pour ne pas stigmatiser les plus démunis la TVA pourrait rester réduite pour des produits de première nécessité comme cela est déjà le cas. Un point de TVA aurait un impact de l’ordre de 10 Milliards d’€ par an. Alain Juppé en a reparlé récemment, preuve qu’il ne s’agit pas d’une idée qu’il faille balayer instantanément de la main.

    La piste d’un fond de réserve qui serait alors un fond de pension collectif. Cette idée qui de même n’est pas nouvelle, a été complètement, sous utilisée jusqu’à présent. Il ne s’agit pas de remettre en cause le régime de répartition (nous y reviendrons également car ce principe de début du siècle dernier n’est peut être pas le plus à même de relever les défis de 2050), mais que les cotisations et financements alimentent un fond global, qui pourrait intervenir comme un fond de pension. La différence majeure avec un fond de pension étant que chacun n’aurait pas le droit à un capital, mais à une rente comme aujourd’hui qui dépend de ses cotisation, et non pas en fonction d’une notion de capital versé. Ce fond pourrait être doté initialement d’un capital significatif et aurait pour mission de faire fructifier ce fond. Doté de 100 Milliards d’€, soit une partie des part de l’état dans quelques grandes entreprises, rémunérés à 6% cela résoudrait largement le problème identifié. Un fond puissant, pouvant intervenir partout dans le monde, et donc profitant de la mondialisation et de la croissance mondiale, devrait être à même de tenir ce rôle sans se limiter à notre hexagone, qui reste depuis bien longtemps arrimé à une croissance faible.

    Bien entendu, ces deux pistes, ne sont qu’une partie du puzzle, mais il est surprenant que les seules options envisagées restent limitées à la durée de cotisation, leur montant et à l’âge de départ. Ce sont des leviers qui doivent être actionnés bien sur, mais qui ne peuvent être qu’un seul élément d’une réforme, à moins que ce ne soit que l’ajustement d’un système qui a prouvé depuis plus de 60 ans son incapacité à anticiper et à ne pas repousser le problème sur les générations futures.

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