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Enquête nationale sur les marges alimentaires

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l'UFC-Que Choisir a organisé hier midi un déjeuner/débat très intéressant sur le problème des marges alimentaires, notamment pour les produits peu transformés.

En effet, tout le monde a pû constater que le coût des matières premières est répercuté au consommateur, uniquement lorsqu'il monte ... jamais lorsqu'il baisse.

Après une première enquête sur le prix de la viande de l'UFC-Que Choisir, début 2009, qui avait contribué à la relance de l'Observatoire des prix et des marges par le Gouvernement, une nouvelle enquête vient d'être publiée.

Cette enquête, menée au niveau national par plus de 100 associations locales auprès de 1200 distributeurs, démontre une nouvelle fois des dérapages importants (voir étude jointe).

L'opacité demeure sur la construction des prix alimentaires entre 1992 et 2009 :

  • le prix agricole du lait a baissé de 5%, alors qu'il a progressé de 22% en rayon
  • le prix agricole du porc a baissé de 26%, alors qu'il a progressé de 25% en rayon
  • le prix agricole de la volaille a progressé de 2%, alors qu'il a progressé de 41% en rayon

Entre 2008 et 2009 le prix du lait éleveur a baissé de 7% ... mais il a progressé de 5% en rayon (lait de marque), de 9% en rayon (selon indice INSEE) et de 11% en rayon (pour les marques de distribution).

Dans le même temps, le revenu des agriculteurs a baissé de 20% en 2008 et de 30% en 2009 : 600 000 producteurs ont en face d'eux 5 centrales d'achat, qui font la pluie et le beau temps.

Les nombreux intervenants ont souligné le double coût de ces dérapages pour le consommateur : il paie plus cher les produits agricoles à la caisse ... et par ses impöts est amené à soutenir la filière agricole.

Les différentes fédérations présentes ont également souligné les écarts incroyables entre les prix de fond de rayon et les prix promos, ainsi que la faible réactivité de la DGCCRF.

Pour ma part, j'ai souligné l'urgence de reprendre les travaux effectués par notre collègue député Jean-Paul Charié, décédé le mois dernier, et qui s'était investi a fond sur ce sujet, pendant plus de 6 mois, à la suite de l'examen du projet de Loi de modernisation de l'Economie. Il faut nommer un député qui s'investisse à temps plein sur ce sujet ... je suis candidat. 

En conclusion, l'UFC-Que Choisir propose d'étendre le dispositif de coéfficient multiplicateur (qui existe depuis 2005 pour les fruits et légumes) à l'ensemble des produits agricoles.

Je viens d'adresser ce matin une question écrite a Gouvernement à ce sujet :

M. Lionel TARDY attire l'attention de Monsieur le Secrétaire d'Etat au Commerce, à l'artisanat, au PME, au Tourisme, aux Services et à la Consommation sur la question des prix payés par le consommateur pour les produits alimentaires peu transformés. Alors que les prix payés aux agriculteurs ont chuté, les prix payés par les consommateurs sont restés stables, notamment pour le lait. Cette situation provoque une interrogation forte des consommateurs. Un dispositif basé sur le coefficient multiplicateur existe depuis 2005 pour les fruits et légumes, permettant de répercuter aux consommateurs les baisses de prix agricoles. Il souhaite savoir s'il entend étendre ce système à d'autres productions comme le lait ou la viande fraiche.

 

Enquête de l'UFC-Que Choisir sur les prix agricoles

 

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Commentaires

  • MERCI !

    Un bel exemple de l'action parlementaire : la défense des citoyens.

    Ce genre d'initiative redore le blason terni des politiques auprès du public !

  • Excellente initiative...Mais deux questions :

    1. Cette situation est elle propre à la France ? Apparemment pas.

    Il suffit d'aller sur "euractiv", "eurotopics", "europe sociale au jour le jour", voire "la lettre volée" ou "l'observatoire de l'ue" ou encore "ospoma" et "radio prague" pour le comprendre.

    Donc, est ce que la personne la plus "légitime" pour régler le problème - il m'avait semblé que l'agriculture et le commerce sont des "compétences exclusives" de l'UE - ne serait pas le(s) commissaire(s) européen(s) ?

    A quoi sert il que je paye ces personnes, que mes représentants transfèrent des compétences parce que soit disant l'UE est plus compétente que la France, si c'est pour ne jamais qu'ils fassent leur travail ? (Qui ne consiste pas, d'après moi, qu'à infliger des amendes à la France)

    Ne croyez vous pas, dès lors, si vous travaillez sur le sujet, qu'il conviendrait de soit aller à Bruxelles, soit de convoquer lesdits commissaires - en tant que parlementaire FRANCAIS vous avez le droit de leur demander des comptes (Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen) ou de leur soumettre vos propositions (traité de Lisbonne, traité d'Amsterdam, traité de Nice, et surtout Déclaration de 1789) - à Paris ?

    Les noms de commissaires sont : Michel Mercier, M. Alumnia, Karel de Gucht, Olli Rehn.

    Ils ne pourront pas agir avant février 2010 - ils n'ont pas encore reçu la "confiance" du PE - mais en discuter avec eux serait une bonne chose. Histoire que l'UE serve à quelque chose (l'UE c'est 17 milliards (officiel) dans le budget de l'Etat)

    2. Est ce que Mme Ashton - puisqu'on a choisi une britannique (marrant c'est manière de mettre des british aux postes clés alors qu'ils font tout pour freiner l'ue) - ne devrait pas venir expliquer sa "vision" devant le Parlement NATIONAL sachant qu'elle aura à représenter l'intérêt "européen" qui ne sera pas nécessairement en lien avec l"intérêt français et risque d'être très certainement l'intérêt du "foreign diplomacy" autrement dit l'opinion américaine ?

    Je pense qu'une réflexion importante doit être faite. A l'heure où l'on parle de "réserves naturelles" à préserver, est ce qu'il ne faut pas débattre de l'intérêt de continuer à mettre le blé en bourse ? D'autant que vous remarquerez que plus on a le blé qui s'envole, et autres denrées, plus nos agriculteurs s'appauvrissent !

    Et est ce qu'il ne serait pas possible de signer un accord entre l'ue et les USA, et consorts - à l'OMC ? - pour arrêter la course aux subventions ? Personnellement, mise à part jeter par la fenêtre l'argent du contribuable, je ne vois pas l'intérêt de subventionner l'agriculture européenne, d'autant que le seul mécanisme que cela génère, c'est une utilisation massive de subventions aux agriculteurs américains, et un lobbying intensif (et payant) pour le développement de la "culture OGM" (cf discours de M. SARKOZY sur le "grand emprunt", cf discours de M. BARROSO sur les OGM)

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