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Compétitivité de l'économie française face à l'Allemagne

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L’Institut Coe-Rexecode  a remis à Eric BESSON, Ministre de l’Industrie, de l’Energie et de l’Economie numérique, un rapport « Mettre un terme à la divergence de compétitivité entre la France et l’Allemagne ».

 

L’Allemagne est le pays de la zone euro qui a le mieux réussi à conserver une industrie compétitive, avec en 2010 une croissance de 33,6% (record depuis sa réunification en 1990).

 

Le Rapport constate que la France enregistre depuis dix ans un différentiel négatif de compétitivité avec l’Allemagne, et ce différentiel s’accroît :

·     En 2000, les exportations françaises représentaient 55 % des exportations allemandes contre seulement 40 % aujourd'hui.

·     En 20 ans, l’écart entre l’excédent allemand et le déficit français est passé de 10 à 200 milliards d’euros (soit 10% de notre PIB), ce qui représente 2 millions d’emplois.

·     Le prix moyen des exportations françaises a progressé entre 2003 et 2008 d’environ 8% de plus que le prix des exportations allemandes.

·     De 2000 à 2007, par comparaison avec l’Allemagne, la France a perdu environ 13 % de ses entreprises industrielles.

Le Rapport identifie 12 raisons à cette situation :

 

Des facteurs structurels tiennent à la « culture économique allemande » :

·     coopération entre les entreprises

·     « capacité à travailler ensemble » des partenaires sociaux qui conduit à une flexibilité des durées de travail en fonction des variations de l’activité 

·     liens étroits entre recherche, éducation et industrie 

·     taille des entreprises (en Allemagne il y a 2,13 fois plus de salariés dans l’industrie qu’en France) 

·     capacité à répondre à la demande mondiale

D’autres facteurs, plus conjoncturels, sont apparus ces dix dernières années :

·     le coût horaire du travail dans l’industrie manufacturière a progressé de 28% en France entre 2000 et 2008 contre seulement 16% en Allemagne, alors même que la productivité du travail a davantage progressé en Allemagne qu’en France.

·     les charges sociales sur les salaires sont de 44 % du salaire brut en France contre 30 % en Allemagne.

Le Rapport propose la mise en place d’un « pacte de compétitivité industrielle » :

 

Les mesures prises récemment en France ont enclenché une dynamique positive : pôles de compétitivité, création d’Oséo, crédit impôt recherche, Grand emprunt, réforme de l’Université, Etats Généraux de l’Industrie…. Cette dynamique doit se poursuivre avec un pacte de compétitivité industrielle qui s’articulerait autour de 5 axes :

·     prendre en compte l’impératif de compétitivité dans toute réforme de la fiscalité 

·     améliorer la « capacité à travailler ensemble » pour permettre dans l’entreprise des négociations du triptyque « salaire/durée du travail/emploi »

·     donner une plus grande importance à l’emploi dans la gestion conjoncturelle

·     axer plus nettement l’effort de formation et de recherche sur le couplage recherche-industrie

·     mettre en œuvre rapidement une mesure forte de recalage de nos coûts industriels 

Eric BESSON et Xavier BERTRAND ont annoncé une concertation sur la proposition de « pacte de compétitivité industrielle » dans le cadre de la Conférence nationale de l’Industrie entre février en mai 2011.

 

A noter : Ce Rapport s’inscrit dans la réflexion sur la compétitivité de l’économie française à laquelle participe l’Assemblée nationale puisque Bernard ACCOYER a lancé une mission parlementaire d’information sur « la compétitivité de l’économe française et le financement de la protection sociale ».

 

Commentaires

  • J'ai repris quelques éléments de ce rapport ainsi que d'autres du SECO (en Suisse) et plus encore, lors des deux conférences que j'ai données cette semaine à la "Place des Affaires" à Genève.

    Bien que ma thèse reprenne qu'une toute petite partie de ce rapport, je développe d'autres idées en particulier en ce qui concerne la capacité à travailler ensemble.

    J'ai une présentation de 45' rodée sur ce thème. Plus d'info sur le billet publié hier sur mon blog : http://jcmorand.blogspot.com/2011/02/pour-une-meilleure-competitivite-des.html

  • Encore un rapport de plus.

    Je me souviens qu'en 2007 l'UMP avait produit un PACTE de GOUVERNEMENT qui globalement allait dans le bon sens pour redresser notre pays.
    Nous sommes pratiquement en 2012 et rien n'a été fondamentalement réalisé de ce qui était prévu.

    Pire! Les conclusions de cette étude sont d'une BANALITE déconcertante.

    Elles sont du "copié-collé" de ce qu'on a déjà lu à maintes reprises ces dernières années.

    Par exemple :

    Priorité 1 : "Prendre en compte l’impératif de compétitivité dans toute réforme de la fiscalité"
    En effet, les capitaux pour investir dans les entreprises se déplacent si la FISCALITE est trop FORTE ou trop COMPLEXE ou trop INSTABLE.
    En France, nous ne faisons pas dans le détail; nous CUMULONS ces 3 inconvénients depuis bien longtemps!
    C’est, depuis 30 ans, dit et redit! Ecrit et réécrit !

    Priorité 2 : "Améliorer notre « capacité à travailler ensemble » pour s’adapter au changement économique"
    Idem. C’est depuis 30 ans dit et redit !
    On parlait même à une époque de «subsidiarité».
    Principe qui consiste à ne pas remonter un problème au niveau hiérarchique supérieur s’il peut être réglé au niveau hiérarchique inférieur.
    La situation a empiré. On a même vu cet hiver un ministre rentrer précipitamment de Moscou pour que le déneigement des voies de communications soit lancé. Les hauts fonctionnaires de la DDE (payés par nos impôts) censés régler ce problème étaient dans l’incapacité de prendre cette décision! Hallucinant !!

    Priorité n° 3 : Accorder une plus grande importance au capital humain
    Plus banal que çà tu meurs !
    Je ne connais aucun commerçant, artisan ou patron de TPE qui n’est pas à la recherche de collaborateurs qualifiés.

    C’est plutôt la qualité et l’efficacité de l’enseignement professionnel qui serait à mettre sur la sellette.
    Ses résultats ne sont pas du tout à la hauteur des dépenses démentielles qui ont été engagées depuis plusieurs décennies!

    Curieux ! Le rapport est complètement aphone sur ce point.

    Pas de mention, non plus, sur la complexité du système des aides aux entreprises.
    6000 dispositifs, selon un rapport de 2009.
    C’est incompréhensible pour les TPE et les PME qui, pourtant, en ont le plus besoin!

    Et puis rien sur la simplification du code du travail.
    Au delà d'un effectif de 10 personnes les CONTRAINTES sont dithyrambiques!
    Au delà de 50 salariés, le DRH est indispensable sinon le dirigeant passe tout son temps à la mise en place de la énième directive du code du travail ou au remplissage d’un énième formulaire pour l’administration !!!!

    Pour bien comprendre cette « omerta », il faut s’interroger sur qui se cache derrière ce « cabinet d'étude » Coe-Rexecode.
    Il s'agit encore d'un "MACHIN THEODULE" associatif dont les membres sont principalement des organismes publics, professionnels, consulaires.

    On y trouve également toutes les grandes sociétés para-publiques et les grands organismes financiers.

    Bref que du beau monde de la galaxie de l’ECONOMIE VIRTUELLE!

    C’est plutôt une étude faite par des acteurs de l’ECONOMIE REELLE qu’il nous faut.

    Ce serait détonnant, mais grandement plus utile pour notre pays !

    Vivement 2012, pour un grand coup de balai démocratique et évacuer toute cette intelligenstia bureaucratique.

  • Bouarf, on y apprend pas grand grand chose dans cette étude mais un pacte pourrait être un grand pas en avant pour notre industrie française ...

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