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Le nouveau plan d'aide à la Grèce

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Éléments de contexte :

  • Jeudi 21 juillet, les chefs d’Etat et de Gouvernement de la zone euro se sont mis d’accord sur un nouveau plan d’aide à la Grèce d’un total de 109 milliards € apportés par l’UE et le FMI d’ici à 2014. Le secteur privé doit contribuer de manière volontaire, sur la même période, à hauteur de 50 milliards €. A l’issue du Sommet, Nicolas SARKOZY a qualifié cet accord d’ « historique », évoquant « l'engagement déterminé » des pays de la zone euro pour « soutenir » la Grèce.
  • Vendredi 22 juillet, après avoir réuni à Matignon François BAROIN, Valérie PÉCRESSE, Patrick OLLIER, les présidents des assemblées, les chefs des groupes parlementaires et les présidents des commissions, François FILLON a estimé que « cet accord marque une étape absolument décisive dans l'histoire de la zone euro », rappelant « le rôle essentiel du couple franco-allemand pour trouver les bonnes solutions à la crise ».
  • Le Premier ministre a annoncé que le Gouvernement proposerait au parlement une loi de finances rectificative dès la rentrée, pour permettre la mise en oeuvre des nouvelles modalités d’intervention du fonds européen de stabilité financière [FESF].
  • Il a également indiqué que le nouveau plan d’aide à la Grèce impliquait pour la France la mise en place d’environ 15 milliards € de garanties d’ici 2014, tout en précisant que « ces décisions n'ont pas de coût direct pour nos finances publiques ». En effet, ces garanties n’impacteront pas le déficit budgétaire et n’entraîneront pas de besoin d’emprunt supplémentaire. En revanche, elles seront comptabilisées dans la dette publique.

Les principaux points à retenir du Sommet :

  • Le montant du second plan d'aide à la Grèce s’élève à 109 milliards € sur la période 2011/2014 pour la part apportée par les pays du FESF et le FMI. Il est complété par un apport du secteur privé de 135 milliards € [106 milliards € nets compte tenu des garanties].
  • Les taux des prêts consentis à la Grèce, tant par le FESF que par le secteur privé vont être réduits, et leur maturité allongée. L'Irlande et le Portugal pourront également bénéficier de ces conditions assouplies.
  • La réunion a permis d'amorcer la transformation du FESF en un véritable fonds monétaire européen, apte à agir de manière plus flexible et préventive.
  • Les chefs d’Etat et de Gouvernement ont également appelé à :
    • la mise au point rapide du paquet législatif sur la gouvernance économique européenne
    • moins de dépendance à l’égard des agences de notation (la Commission doit présenter rapidement des propositions en ce sens)
    • une meilleure gestion des crises dans la zone euro (des propositions de la Commission sont attendues à l’automne).

Éclairages :

 

Le sommet des chefs d’Etat et de Gouvernement de la zone euro, un succès en trompe-l’oeil ?

  • Non, cet accord est un accord historique qui permet de sauver la Grèce et qui marque une étape décisive pour la zone euro.
  • Cet accord, c’est aussi la preuve que le couple franco-allemand répond toujours présent lorsque l’Europe est au pied du mur.

Quel est le montant total et la durée du programme pour la Grèce ?

  • Le nouveau programme grec sera financé conjointement par le secteur public et le secteur privé.
  • S’agissant du secteur public, le FESF et le FMI apporteront 109 milliards € de financements à la Grèce jusqu’à la mi-2014, ce qui lui permettra de mener à bien son programme d’ajustement.
  • S’agissant du secteur privé, les investisseurs privés se sont engagés à apporter à la Grèce 50 milliards € d’ici 2014 et 135 milliards € d’ici 2020.
  • Pour ce qui est de notre approche générale à l’égard de la participation du secteur privé dans la zone euro, la Grèce constitue une solution exceptionnelle et bien spécifique.

Comment le plan améliore-t-il la soutenabilité de la dette grecque ?

 

L’accord auquel nous sommes parvenus va permettre à la Grèce de poursuivre les efforts considérables qu’elle a engagés, grâce à :

  • De nouveaux prêts octroyés pour une durée plus longue [de 7,5 à 15 ans au moins], ce qui permettra à la Grèce de lisser ses besoins de financement et de faire face à ses échéances à un rythme plus adapté à sa situation économique.
  • Des conditions de taux plus avantageuses [3,5% - 4% contre 5,5% jusqu’à maintenant], ce qui lui permettra d’atteindre les objectifs ambitieux qu’elle s’est fixés avec la troïka ; cela représente une économie d’environ 30 milliards € sur 10 ans, soit 12 points de PIB.
  • Des possibilités de rachat de dette pour améliorer sa soutenabilité et réduire ses charges d’intérêt.

Enfin, la clé de voûte de la soutenabilité de la dette, c’est la croissance. En ce sens, la mobilisation des fonds structurels européens au service de la compétitivité dans le cadre d’un véritable plan Marshall européen répondra au nécessaire renforcement de la croissance potentielle.

 

Pourquoi avoir pris le risque de mettre la Grèce en défaut sélectif ?

  • Premièrement, le défaut sélectif, c’est une classification temporaire des agences de notation qui est de la responsabilité des agences, pas de la nôtre !
  • Deuxièmement, si les agences de notation décident d’affecter la dette grecque de cette notation, nous prendrons toutes les mesures nécessaires pour faire face aux conséquences d’une telle décision pour le secteur bancaire grec et en particulier pour que la BCE puisse continuer à jouer son rôle de refinancement de l’économie.
  • Jean-Claude TRICHET a lui-même indiqué qu’il était prêt à répondre à une telle une situation.

Pourquoi avoir renoncé à une taxe de stabilité financière ?

  • L’idée de taxer le secteur financier de la zone euro était une option examinée parmi d’autres. Dans la mesure où le secteur financier européen s’est dit prêt à apporter volontairement sa participation au plan de soutien à la Grèce, selon des modalités qui améliorent la soutenabilité de la dette grecque, il n’y avait pas lieu d’imposer une contribution sous forme de taxe !
  • Indépendamment du plan de soutien à la Grèce, les réflexions européennes sur la taxation du secteur financier en lien avec la stabilité financière se poursuivent. Comme vous le savez, la France et l’Allemagne soutiennent la mise en place d’une taxe sur les transactions financières, à laquelle la Commission travaille : elle ne peut avoir de sens qu’au niveau international.

Pourquoi le cas de la Grèce est-il différent de celui de l’Irlande et du Portugal ?

 

La situation est très différente, tant sur le plan politique qu’économique.

  • D’un point de vue politique, il y a un consensus très fort en Irlande et au Portugal pour mener à bien les efforts prévus dans le programme pour remettre en ordre l’économie de ces pays.
  • D’un point de vue économique, le niveau de la dette en Grèce est hors de proportion avec celui des autres pays européens [160 % du PIB] ; c’est pourquoi il exige les réponses particulières sur lesquelles nous venons de nous mettre d’accord aujourd’hui. Ce n’est pas du tout le cas de l’Irlande [96 %] et du Portugal [93 %] !

Etes-vous certain qu’avec les mesures prises aujourd’hui, la contagion de la crise de la dette souveraine sera stoppée ?

 

Ce qui stoppera la contagion, c’est d’abord la volonté politique, la détermination unanime des Européens à agir !

  • La volonté politique de venir au secours de la Grèce, avec le nouveau plan d’aide et l’effort pour améliorer la soutenabilité 
  • La volonté politique de réduire les taux d’intérêts pour l’Irlande et le Portugal.
  • La volonté politique de doter le FESF d’une capacité d’intervention renforcée [programme de précaution, recapitalisation possible des institutions financières, intervention sur le marché secondaire].
  • La volonté politique, enfin, de renforcer l’intégration économique de la zone euro et à la convergence de leurs économies, notamment par l’adoption, par tous les pays européens, d’un cadre budgétaire pluriannuel renforcé d’ici fin 2012.

Combien le nouveau plan d’aide à la Grèce va-t-il coûter à la France ?

  • Ces décisions n'ont pas de coût direct pour nos finances publiques. Elles ont un impact indirect puisque nous allons participer à travers des garanties apportées sur les prêts qui seront consentis par le FESF à la Grèce.
  • Un texte sera présenté par le Gouvernement à la rentrée pour en tirer les conséquences législatives.

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Commentaires

  • Evolution des cours boursiers lunid 25/7

    Société Générale -4.74%
    CA -5.52 %
    BNP -4.33 %
    DEXIA - 8.19 %

    Ceux qui ont quelques économies dans des plan épargne entreprise, des contrat d'assurance vie... commencent à payer. Le taux de change de l'Euro contre le Francs suisse oscille à nouveau entre 1.15 et 1.16.

    Les prix des produits importés vont devoir supporter l'augmentation induite des prix par la différence de change.

    Je supporte l'idée de la solidarité européenne pour soutenir notre monnaie... mais dites la vérité : tous les européens doivent payer directement et indirectement.

  • Aussi longtemps que la Grèce, le Portugal, l'Iralnde ou même la France émettront des Bons du trésor nationaux, il y aura des attaques spéculatives contre tel ou tel pays...

    A-t-on déjà vu des Bunds émis par la Californie, la Floride ou l'Arizona ???

    Il faut, au plus vite interdire les émissions de Bons nationaux et passer aux bons en €uros émis par la BCE et sous son contrôle...

    Ce qui va de paire avec la création, urgente elle aussi, d'un Ministre de l'Economie et des Finances européen chargé de mettre en place et de contrôler une politique économique unifiée pour les pays de la zone Euro...

    Le jour où il n'y aura plus qu'une politique économique unifiée, il n'y aura plus de prise pour les spéculateurs et tous les citoyens européens s'en porteront mieux...

    Il y a trop longtemps (déjà sous Mauroy ou Fabius) que l'Allemagne et la France pratiquent des politiques économiques contradictoires...

    Quel mauvais exemple pour les nouveaux arrivants d'Europe du Nord, du bassin méditerranéen ou d'Europe centrale...

    Les parlementaires farnçais doivent soutenir au plus vite une coordination des politiques monétaires et économiques entre l'Allemagne et la France d'abord, la mise en place d'une PEC, Politique Economique Commune, et la nomination d'un Ministre de l'Economie et des Finances européen qui exerce de véritables pouvoirs (pas un potiche comme il en existe déjà une comme "Premier Ministre européen" !!)

    Il ya le feu dans la maison, les pompiers ne doivent pas mettre cinq ans pour l'éteindre !!!

  • Le "plan grec" est inconstitutionnel et inefficace.

    Pour commencer, comment voulez vous que nous soyons crédibles ?

    De nos jours, nous avons à la BCE le gars qui a coulé le Crédit Lyonnais, son successeur est l’homme qui a aidé la Grèce à tricher sur ses comptes.

    A la Commission Européenne nous avons l’homme qui a coulé le Portugal et a fait preuve d’un aveuglement tellement constant que la droite a failli ne pas lui redonner son portefeuille (bien dommage d’ailleurs), le Conseil Européen est présidé par un séparatiste belge, et nous avons un PE dépourvu de la moindre initiative législative, ce qui en fait une chambre d’enregistrement, certes pas commode – le Parlement de Paris non plus ne disait pas amen à tous les édits royaux – mais qui ne lui confère en rien un pouvoir législatif. (Le sens de pouvoir c’est d’agir !)

    Allez vous étonner, dans ces conditions, du scepticisme des « marchés » (comprendre l’investisseur lambda) à parier sur une telle équipe de branquignole ! Vous leur confieriez vos économies, vous ? Moi pas. Alors pourquoi les « marchés » auraient ils confiance ? Peuvent ils être plus assurés que les citoyens européens, qui – comme les économistes sérieux au reste – ne font pas confiance à leurs exécutifs nationaux, encore moins aux organes européens ? La meilleure preuve de cette défiance étant la flambée de l’or ! On ne se « réfugie » pas – en principe – vers quelque chose de solide, quand on a confiance !

    a) le FESF se voit attribuer un rôle de plus en plus central dans le dispositif; je suppose que les décisions prises par le C/E supposent de modifier ce que les ministres des Finances avaient signé quelques jours auparavant pour après 2013 – ce qui signifie quand même que le nouveau Traité à ratifier pour légaliser tout ce qui aura été fait depuis le début de la crise grecque aura un contenu plus substantiel que prévu – ce qui risque de reposer la question d’une validation référendaire en Irlande par exemple ; on se trouve de fait à deux pas de créer une caisse commune des Etats européens de la zone euro, appuyé sur des obligations européennes, mais sans avoir aucunement pris pour l’instant du moins l’avis formel des peuples européens pour le faire !

    …Et l’on veut en plus aller très loin, semble-t-il, dans l’encadrement des politiques économiques et sociales des Etats membres. Dans le fond, le responsable du FESF serait le Ministre des Finances de la zone Euro demandé par le banquier central. Très belle avancée vers le fédéralisme budgétaire européen sans aucun mandat populaire toutefois… , mais avec l’assentiment des grandes banques qui, de fait, ont participé au sommet. (J’ai bien l’impression qu’il s’agit là d’une première !)

    Voilà enfin éclairci, ce que veut dire le mot de gouvernance dans l’Union européenne : les exécutifs des Etats (déliés de tout mandat populaire, et même de tout contrôle parlementaire) et les puissances économiques concernées par la décision à prendre décident ensemble. Simple finalement !

    Je me demande ce que pensent de tout cela les juges constitutionnels allemands qui avaient signalé dans leur jugement de juin 2009 sur le Traité de Lisbonne que cette façon de procéder à des avancées dans l’intégration européenne n’était pas la bonne ! Ou les Irlandais, a qui on avait promis, en 2008/09…Aucune harmonisation sur le plan fiscal ! Paroles, paroles, paroles…Que les Irlandais ne vont sans doute pas apprécier…

    Bref, quand il va être question de valider – à posteriori – des décisions très engageantes (qui pour l’heure n’ont aucun cadre légal puisqu’elles violent le traité de Lisbonne, dixit Mme LAGARDE, les juristes européens, Mme LENOIR !) je sens que les choses vont très légèrement se corser !

    Pour rappel – je vous en informe au cas où vous l’ignoriez – le CC a validé le traité de Lisbonne, sous couvert que l’UE resterait une union d’Etats souverains, non une union fédérale ou une URSS bis ! Et là encore, dans la version II du traité de Lisbonne, soumise aux Irlandais, on insistait sur l’absence d’éléments à même de porter atteinte à la souveraineté du pays. Engager – sans son consentement – une Nation à verser des subsides à un autre pays, cela s’appelle comment, sinon une atteinte à la souveraineté ?

    Puis je vous rappeler que les contribuables européens n’existent pas, puisqu’il n’y a pas de peuple européen ? Et…Que les Français ont refusé, en 2005, que vous sacrifiez la France aux rêves fédéralistes de certains ?

    b) Même avec ce dispositif, la Grèce resterait durablement pour les dix prochaines années au moins à un niveau d’endettement bien supérieur à 100% de son PIB. Si j’étais Grec, j’aurais sans doute le sentiment que mon pays n’a pas fini de payer. Surtout, si dans dix ans, quinze ans, la Grèce traine toujours comme problème central de sa vie publique cet endettement issu des années 2000, il est à parier que ce dernier sera vécu comme un intolérable esclavage national, un peu comme les « réparations » dans l’Allemagne de Weimar, avec de même des sociaux-démocrates dans le rôle des traitres à la patrie.

    Ce qui laisse à porter de nous un futur incroyable ! Le chisme peut tout aussi bien toucher l’UE que la Chrétienté souffrir des dissensions papales.

    c) Tout ce dispositif repose sur la croyance en la possibilité de ramener l’économie grecque sur un sentier de croissance, qui lui permettrait de rembourser la dette publique qui lui restera à acquitter. C’est un immense progrès par rapport au plan précédent de s’être aperçu que l’austérité seule ne pouvait rien (idée qui ne vaut, pour l’instant, que pour la Grèce…), mais, en même temps, est-ce possible d’envisager sous la pression extérieure la grande ingénierie sociale et économique qu’envisage le texte adopté hier par les représentants de la zone Euro qui ferait de la Grèce le pays compétitif et bien géré qu’il aurait dû être au moment de son entrée dans l’Euro?

    C’est a priori une bonne chose que d’utiliser les fonds structurels européens en Grèce, mais, dans un contexte où le sport le plus pratiqué par les élites locales semble bien être la triche dans toutes ses dimensions, sait-on bien ce qu’on fait là ? Je compare peut-être abusivement avec la situation du sud de l’Italie, mais tout l’argent italien, puis italo-européen, dégagé pour aider cette région depuis la fin des années 1940, n’a servi qu’à y entretenir une économie fondée sur l’immobilier et les travaux publics. Plus encore, si le problème de la Grèce se trouve être entre autres choses, le faible niveau de formation de son « capital humain » en général, est-il bien raisonnable d’avoir plongé le monde enseignant de ce pays dans la gêne?

    De même, la Grèce dépense bien trop pour son armée et l’équipement de cette dernière : la pression extérieure pourra-t-elle exiger qu’elle abandonne toute ambition dans ce domaine, alors même que l’ennemi turc est plus fringuant que jamais depuis 1922? (Déjà, le Gouvernement turc en profite pour avancer ses pions dans la question chypriote.)

    De même pour les privilèges de l’Église orthodoxe grecque…Financée donc par fonds publics français (en violation de la loi de 1905 : celle ci interdit le financement des cultes en France mais aussi à l’étranger, par la République française !)

    Je ne parle même pas du caractère « clientéliste » des deux grands partis grecs (Pasok et Nouvelle Démocratie) : les privatisations et réductions d’effectifs risquent bien d’aboutir à une « sélection adverse » des salariés restants, sauf à tirer au sort les partants pour éviter que ne sauvent leur poste que les plus inscrits dans un rapport de clientèle. Comme dirait le sociologue Michel Crozier, « on ne change pas la société par décret », et j’ai quelque mal à imaginer que cette règle (qu’avait déjà imaginé Renan dans d’autres termes) ne soit pas valable aussi pour la société grecque, le décret fût-il européen.

    Le Congrès de Vienne n’est plus possible…Désolé !

    Pour être vraiment cynique, il me semble que la vraie et seule chance de l’économie grecque, c’est que la situation sur la rive sud et est de la Méditerranée tourne à l’aigre de telle façon que plus un touriste européen ne pourra aller y prendre le soleil, il faudra alors se replier sur la Grèce ou ne plus bronzer du tout.

    d) Le choix de l’austérité comme mantra majeur à ce stade de la crise économique de l’économie politique contemporaine des pays de l’Union européenne , accompagné des réformes de structure permettant de renouer avec la croissance, a encore une fois été confirmé par ce sommet. Keynes is dead again. Le point 11 de la déclaration du 21 juillet l’affirme :

    « Tous les États membres de la zone euro respecteront à la lettre (je souligne) les objectifs budgétaires fixés – autrement dit, les parlementaires auront un mandat impératif ! Et le Gouvernement obéira à l’étranger (même si c’est Bruxelles) au lieu de suivre son programme – amélioreront la compétitivité et remédieront aux déséquilibres macroéconomiques. Les déficits publics dans tous les pays, à l’exception de ceux bénéficiant d’un programme, seront ramenés sous le seuil de 3 % d’ici 2013 au plus tard. »

    Là, pour le coup, c’est le Mélanchon qui va boire du champagne ! L’Europe mère fouettarde est réaffirmée dans ses droits désormais imprescriptibles à corseter les envies de jouissances terrestres des peuples ! La popularité de l’Union Européenne va donc être assurée…Et pour gagner des référendums (et oui, désolé, il va bien falloir le faire si on révise le traité de Lisbonne d’une façon telle qu’on va fédérer nos économies !) çà va être costaud !

    Le plus terrible, dans l’affaire, c’est que la joie relative des «marchés » va vite déchantée. Parce que, l’Union Européenne – sauf à se découvrir pour être un Etat européen – ne pourra pas infliger d’amendes aux Etats membres (en l’absence de validation de la révision de Lisbonne à tout le moins) et verra ses « bulles » (papales ?) rapidement dénoncés par…Les Etats membres ! (Pour des raisons électorales évidentes)

    On se trouvera donc dans la même situation que Maastricht, avec une Commission complaisante, qui dès lors se discréditera, puisque selon la tête du solliciteur, la réponse sera différente. Quelque part, on aura une UE dans le rôle de la papauté, confrontée aux monarques.

    Théoriquement, pas de mariage entre cousins au degré ceci cela…Dans la pratique, un Pape accomodant, qui donne une dérogation qui va vite devenir la norme ! Et bien là, çà sera pareil : théoriquement une sanction pour les Etats membres qui ne respectent pas les termes du contrat…Et dans les faits, des dérogations qui deviendront la norme…Avec le même résultat que pour Maastricht : des parlementaires sautant sur les tables pour applaudir le Ministre qui a si bien violé les engagements de la France ! Youpi !

    La règle d’or, promue par le Gouvernement, est au reste du même tonneau : comment souscrire à celle ci, quand on sait que la violation de la règle d’or européenne (Maastricht) au lieu de susciter l’indignation des pseudos « européens » UMP qui se vantent au reste d’être des bons pères de famille (qui alertent peut être sur les déficits, mais votent consciencieusement toutes les « lois » imbéciles qu’on sait)…Ne fait que les enthousiasmer ? Super…On viole Lisbonne ! Magnifique, Maastricht enterré ! Trop génial…La Constitution bafouée !

    Juste un rappel : la garantie des droits est un devoir des parlementaires…Et la garantie des traités un devoir constitutionnel du Président, qui en principe (au regard de ses « manquements » en la matière) aurait dû, de longues dates, être convoqué devant la Haute Cour, pour répondre des accusations portées contre lui, pas nécessairement pour lui enlever sa charge…Mais un rappel à l’ordre ne fait pas de mal…! Et ce n’est pas non plus un manque de loyauté ou je ne sais trop quoi, à l’endroit de M. SARKOZY.

    Après tout, Louis XVI, tout roi absolu qu’il était, ne pu pas – lui – acheter le château…Bon j’ai oublié le nom mais c’est vers les Ivelynes. Et quoique l’envie l’en prie, Louis XIV qui voulait Vaux le Vicomte – pour faire la nique à Fouquet – ne pu toucher au Trésor…Le Parlement de Paris (qui risquait de susciter quelques lettres de cachet pour ses membres pourtant) s’y opposant fermement, au nom de la…Royauté ! Alors dire ses quatre vérités à « vous savez qui » (enfin pas tout a fait quand même) doit être possible, non, quand on a une immunité qui protège ?

    Même si M.SARKOZY a du caractère, je doute qu’il aille jusqu’à là…
    http://www.youtube.com/watch?v=0HqdSjdtPAQ
    http://www.youtube.com/watch?v=nwtsVX3DjC0&feature=related

    Avec un minimum d’élan, on peut pourtant faire beaucoup…En respectant les « lois fondamentales » de notre FRANCE !
    http://www.agoravox.fr/culture-loisirs/extraits-d-ouvrages/article/charles-v-ou-la-definition-de-la-25374

    Ne comprend t on pas qu’un pays à ce point en récession ne peut rembourser à ce rythme sa dette publique, et l’austérité demandée va aggraver encore la situation économique du pays !

    En Allemagne, des économistes en sont à pétitionner contre la politique suivie sur le cas grec. On se trouve donc dans une situation où toutes les voix (plus ou moins autorisées par leur statut scientifique) qui s’expriment dans l’espace public européen sont concordantes : les politiques suivies ne peuvent atteindre les objectifs que leurs promoteurs leur assignent officiellement (permettre à moyen terme à la Grèce de se financer de nouveau sur les marchés internationaux de capitaux), il n’est pas alors étonnant que les agences de notation s’ajustent dans leur jugements à ces prévisions presque unanimes.

    Ne serait il pas temps d’écouter…Et d’arrêter de nous emmener vers le gouffre, simplement pour sauver les banques qui ont fait de mauvais placements ?

    La première mesure de bon sens à prendre étant, bien évidemment, non pas de réviser les traités – cela n’est pas nécessaire – mais de changer la donne au plan européen, en mettant des personnes COMPETENTES, APTES, et VERTUEUSES. Je sais, elles sont rares…Mais quand même !

    Nommer un ancien conseiller de Goldman Sachs à la tête de la BCE me parait faire preuve d’un sens aigu de la communication de la part des autorités européennes et nationales ! On ne pouvait trouver mieux ! Pourquoi pas Talleyrand au Ministère de la Moralité ? Ou Bernard TAPIE pour lutter contre la fraude fiscale ? Et tant qu’à faire la mère BETTANCOURT au Budget ? Histoire d’aviver un peu plus le ressentiment des Français. Qui n’explose pas souvent…Mais quand çà explose, c’est l’Europe qui en fait (et pas qu’elle) souvent les frais !

    Ha oui...J'allais oublié. Aucune décision du C/E ne peut être valide puisqu'elle requière l'unanimité. La Belgique n'a pas de Gouvernement depuis un an (et quelque) c'est çà ?

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