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Point sur la situation en Afghanistan

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La mort des dix soldats français de la force de l’Otan en Afghanistan, tués lundi et mardi lors de combats contre les talibans (qui ont également fait 21 blessés dans les troupes françaises), non loin de Kaboul, relance le débat sur le sens de cette guerre démarrée il y a sept ans.

Nicolas Sarkozy s’est rendu aujourd’hui en Afghanistan.

L’état du pays est de plus en plus chaotique.

L’année 2007 a été marquée par une forte dégradation de la situation. En juin dernier, 49 soldats de la Force internationale d’assistance à la sécurité (Isaf) de l’Otan et de la coalition, sous commandement américain, sont morts.

Le bilan le plus lourd depuis le début de la guerre.

En novembre 2001, la chute des talibans, « étudiants en religion » à la tête d’une dictature islamiste brutale depuis 1996, consacrait la victoire-éclair des Américains.

Rapide, mais ephémère : la guerre s’est éternisée. Les talibans ont ouvert des fronts dans l’Est du pays et la démocratie rêvée est restée une illusion.

En dépit de l’élection présidentielle de 2004 et de l’arrivée au pouvoir d’Hamid Karzaï, les Occidentaux n’ont pu se retirer du pays. L’insécurité n’a fait que croître : plusieurs ministres ont été tués, le président Karzaï a échappé à plusieurs tentatives d’assassinat.

Sans compter les victimes civiles afghanes : durant les cinq premiers mois de 2008, la Mission d’assistance des Nations unies en Afghanistan a fait état de 698 civils tués, tandis que durant la même période de 2007 on enregistrait 430 décès.

Enfin, le nombre de tués au sein de la coalition internationale n’a fait que croître d’année en année :

  • 2001 : 12 tués
  • 2002 : 68 tués
  • 2003 : 57 tués
  • 2004 : 58 tués
  • 2005 : 130 tués
  • 2006 : 191 tués
  • 2007 : 232 tués
  • 2008 : 183 tués depuis le 1er janvier 2008

Côté français, y compris les pertes d’aujourd’hui, 24 soldats sont morts depuis 2001.

Nicolas Sarkozy a décidé, en avril, d’envoyer 700 hommes supplémentaires. Il y a donc désormais 3 300 soldats français affectés au terrain d’opération afghan.

Cet été, la France a pris la direction du Commandement régional à Kaboul, succédant ainsi à l’Italie.

Le contingent français a plusieurs missions :

  • stabiliser et sécuriser les zones qui lui sont attribuées
  • surveiller les zones sensibles (aéroports, frontières)
  • détruire des munitions (obus et mines)
  • soigner militaires et civils dans certaines zones
  • assurer le transport des troupes (hélicoptères, avions)
  • former l’armée nationale afghane. 

Les commissions de la Défense et des Affaires Etrangères de l’Assemblée nationale, vont se réunir, la semaine prochaine, pour faire le point sur la situation avec les ministres concernés : Hervé Morin, Ministre de la Défense et Bernard Kouchner, Ministre des Affaires Etrangères.

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Commentaires

  • Il semble que cette tragédie soit due notamment à un ou des manquements au niveau du renseignement terrain. Une embuscade de cette importance n'a pas pu être improvisée. De ce fait, nos jeunes soldats n'ont pas eu la moindre chance lors de l'accrochage.
    Peut-être que cette perte cruelle permettra aux politiques de repenser le réaménagement des questions de défense, notamment la suppression incompréhensible du CNAM (Centre National d'Aguerrissement en Montagne) de Briancon.
    Le colonel Le Nen, chef de corps du 27ème BCA a co-écrit il y a quelques années un ouvrage relatant de la guerre en montagne et particulièrement des erreurs soviétiques en Afghanistan et des carences de l'opération Anaconda Américaine en 2002 dans le même pays.
    Son avis de spécialiste et les constats effectués permettraient sans doute d'éviter de nouvelles tragédies.
    N'oublions pas que les talibans commencent à encercler Kaboul et vont accentuer leur harcèlement. Ils ont fait le même coup au départ des soviétiques, et en 3 ans, la capitale est tombée.

  • Sans trahir de secret, il apparait au vu des auditions déjà réalisées à l'Assemblée, qu'il y a eu de graves erreurs de commandement.

    L'un des premiers enseignement qui nous a été dispensé, alors que j'étais Chasseur Alpins à Bourg-Saint-Maurice (en SR : Section Renseignement), c'est qu'avant d'engager toute action sur un point bas, il faut tenir les points hauts. C'est d'ailleurs la fonction première de la SR d'un bataillon de Chasseurs Alpins : tenir les points hauts en cas de conflit.

    Et c'était en 1988 ...

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