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Classement des députés : la liste des députés fantômes

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Par Vincent Nouzille et la rédaction du site www.lesinfos.com :

 

Depuis le cafouillage de la loi Hadopi, rejetée le 9 avril lors d’un vote dans un hémicycle presque désert, les responsables de la majorité poussent des cris d’orfraie contre l’absentéisme des députés et les manoeuvres de l’opposition. Jean-François Copé, président du groupe UMP, s’est dit “furax” contre ce faux pas et prêt, en cas d’extrémité, à appliquer des sanctions financières contre les députés absents.

 

Roger Karoutchi, ministre des relations avec le Parlement, s’est offusqué de cette désertion, estimant qu’il y avait probablement environ 150 députés qui travaillent sérieusement, 250 qui passent régulièrement et 150 députés qui ne sont presque jamais là. Constat bien réel et secret de polichinelle en vérité, puisque ce phénomène dure depuis des années, sans que nul ne prenne vraiment la peine de s’en occuper, ni ne songe à appliquer des sanctions qui existent pourtant sur le papier, dans le règlement de l’Assemblée.

 

Et personne, au Palais-Bourbon, ne veut évidemment nommer les petits camarades qui ne font que des apparitions sporadiques, voire subliminales, dans les couloirs de l’Assemblée ou dans l’hémicycle. Dénoncer les absents, non !

 

Mais il est pourtant possible de les repérer nominativement. Il suffit de se pencher un peu sur les données officielles…

 

Ayant déjà, en 2006, publié des hit-parades des députés selon leur activité (- et leur inactivité !-) dans le cadre de l’ouvrage “Députés sous influences” (Fayard), coécrit avec Hélène Constanty, il m’a paru amusant, voire instructif, avec l’équipe de la rédaction du site lesinfos.com, de recommencer l’exercice ces jours-ci, sur la base des données officielles recensées par le site de l’Assemblée nationale.

 

Celui-ci comptabilise notamment  le nombre d’interventions en séance publique et le nombre d’interventions en commissions (ce travail préparatoire obscur que les députés mettent en avant pour expliquer que la séance publique ne représente pas tout le travail législatif).
L’addition des deux, de juillet 2007 au 15 avril 2009, est naturellement un indicateur d’activisme des parlementaires. Ceux qui cumulent le plus d’interventions sont, assez logiquement, les députés les plus actifs. Ceux qui affichent le moins d’interventions sont soit très silencieux, soit très absents. Des fantômes.

 

En exclusivité, voici le Classement des députés au 15 avril 2009, le hit-parade des députés, des plus invisibles aux hyperactifs.

 

Les fantômes: on dénombre 142 députés qui sont intervenus moins de 10 fois en séance ou en commission depuis juin 2007, soit plus de 21 mois. Autant dire qu’ils sont inaudibles ou peu présents! Parmi eux, 8 députés n’ont aucune intervention à leur actif. Chapeau bas! Ce sont Pierre Bédier (UMP, Yvelines, qui vient d’ailleurs de décider de laisser sa place à sa suppléante), Guy Chambefort (PS, Allier), Laurent Cathala (PS, Val-de-Marne), Sylvia Bassot (UMP, Orne), Albert Facon (PS, Pas-de-Calais), Maryse Joissains-Masini (UMP, Bouches-du-Rhône), François-Xavier Villain (App UMP, Nord) et Franck Marlin (UMP, Essonne).

 

Dans cette liste de 142 noms, certains ont des circonstances atténuantes, tels que Xavier Bertrand, ancien ministre juste réélu en février 2009 et très occupé par ses fonctions de secrétaire général de l’UMP. Mais d’autres, tels que les UMP Christian Estrosi, Jean Tiberi ou Dominique Perben, les socialistes Jean-Christophe Cambadélis, Daniel Vaillant, Jack Lang ou Claude Bartolone ont moins d’excuses… A moins de considérer que certains sont très pris par leurs autres mandats… ce qui pose alors le problème du cumul des mandats.

 

Les hyperactifs: les plus interventionnistes de l’Assemblée nationale sont bien connus dans les couloirs. On y trouve le champion toutes catégories, Didier Migaud (PS, Isère, 303 interventions), président de la commission des finances, toujours sur le pont. Il devance Patrick Ollier (UMP, Hauts-de-Seine, 235 interventions), président de la commission des affaires économiques, et Pierre Mehaignerie (UMP, Ille-et-Vilaine, 222 interventions), président de la commision des affaires culturelles et sociales. Mais ils sont suivis de près par les incontournables Jean-Pierre Brard (PC, Seine-Saint-Denis, 209 interventions) et Charles de Courson (NC, Marne, 209 interventions).

 

La clan des bûcheurs est ensuite composé de députés réputés pour leur caractère besogneux au Palais-Bourbon, tels que  François Brottes (PS),  Gilles Carrez (UMP), Michel Bouvard (UMP), Jacques Myard (UMP), Martine Billard (Verts) et Jean-Luc Warsmann (UMP).

 

Entre les “fantômes” et les “hyperactifs”, l’écart est immense ! A quand les sanctions financières contre les cancres ?

Commentaires

  • SANCTIONS RETROACTIVES !
    Comme pour les IMPOTS

    Liberté, EGALITE, Fraternité ...

    Dans les tribus africainnes, comme en Grece Antique
    celui qui trahi la tribu ou la cité était Banni !

    Arnaud Velten
    Gentil mais pas con ...

  • Monsieur le député, une chose me chagrine dans votre classement des députés actifs ou inactifs: comment sont comptabilisés les rapports produits par vos collègues? Est-ce que la participation à une commission d'enquête est prise en compte? Bref est-ce que toutes les missions parlementaires sont utilisées pour réaliser votre classement?

    Autre question qui me turlupine: comment avez-vous pu être élu sans étiquette d'un parti politique ni mandat local? Comment êtiez-vous connu par vos électeurs?

  • Toutes les interventions qui se déroulent dans le cadre de l'Assemblée nationale sont prises en compte.

    Les rapports et les projet de lois de cahque députés sont inscrits dans le tableau.

    On aurait pu rajouter aussi le nombre d'amendements déposés par chaque député ...

    Ce qu'il faut retenir c'est que la comptabilistaion des interventions est faite par séance de travail, ce qui veut dire qu'au cours d'une même séance de travail, les plus assisdus prênent plusieurs fois la parole ... donc l'écart avec les moins assidus devrait être encore plus grand.

  • Je propose, vu qu’il a véritablement urgence, et que les “sanctions financières” ne semblent pas “réalistes”…Que des sanctions POLITIQUES soient appliqués :

    -pas d’investiture pour les députés “fainéants” et idem pour les sénateurs.
    -Comme je sens qu’on va ressortir l’histoire du cumul…IMPOSSIBILITE DE CUMULER pour les députés ou sénateurs qui ne sont pas en capacité de tenir leur mandat national.
    -impossibilité, pour les élus “fainéants” de partir en missions gouvernementales, ou en voyages présidentiels
    -impossibilité pour les élus “fainéants” d’être bénéficiaires de la “réserve parlementaire”

    Je sens que certains élus vont soudain trouver que le mandat national est important !

    Monsieur Tardy, êtes vous prêt à défendre la proposition suivante :

    "le cumul des mandats n'est pas considéré comme une absence justifiée". (Quelle égalité de traitement, avec les élus qui ne cumulent pas, et sont présents au Palais Bourbon et au Luxembourg ?)

  • Bonjour :

    Découvrez le classement nominatif des “députés fantômes”, les moins actifs à l’Assemblée… et les noms.

    http://lesinfos.com/2009/04/22/exclusif-la-video-sur-le-classement-des-deputes-fantomes/

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