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Audition de Michel Rocard et d'Alain Juppé

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Compte-rendu EN DIRECT de leur audition sur le grand emprunt, par les députés membres de la Commission des Finances et de la Commission des Affaires Economiques, à partir de 19 heures, sur ce blog :

C'est parti, l'introduction est faite par Patrick Ollier : quelle fourchette d'emprunt retenue, quelle part souscrite par les ménages ...

Migaud précise que certains éléments ne doivent pas être communiqués avant remise du rapport (huis clos) : OK. La séance finira à 20h30 (impératif des deux anciens ministres).

Migaud émet des réserves sur cet emprunt.

Intervention d'Alain Juppé :

Nous ne sommes pas les décideurs du contenu. But : emprunt pas comme les autres. Doit s'accompagner d'une volonté forte de réduction des déficits.

Critères de choix : renforcement compétitivté, soutien à la croissance, création d'emplois.

La fourchette de l'emprunt sera de ..... à ...., nettement inférieur à 100 milliards (chiffre annoncé confidentiel).

Miser sur un nouveau modèle de développement.

Les axes de travail :

  • économie numérique, réseaux intelligents
  • énergies nouvelles, renouvelables
  • sciences du vivant, biotechnologies
  • ville durable, mobilité (transports urbains, habitat ...)

Intervention de Michel Rocard :

On a gardé notre cotation AAA.

Type d'emprunt : les taux du marché sont très favorables ... (vous connaissez donc l'avis de Michel Rocard).

Décision sur la gouvernance de l'emprunt la semaine prochaine.

Le reste = généralités.

Les questions :

Rapporteur général Carrez : besoin financement de l'Etat en 2009 = 250 milliards. Comment ne pas aggraver les déficits : prêts participatifs, avances, OSEO, plan campus ... au moins pour la moitié de l'emprunt ? Quelles modalités proposez-vous ?

Député Poignant : votre vision moyen et long terme sur les axes de travail retenus.

Député Hollande : quelle structure réceptrice (géré en dehors du budget de l'Etat) ?

Député De Courson : Etanchéifier cet emprunt par rapport au budget de l'Etat (éviter que les ministres viennent regarder)

Député Paul : groupe GDR contre grand emprunt (remettre en cause TEPA, revoir aides aux entreprises ...). A tout le moins une maîtrise publique sur les ouvrages créés.

Député Michel Bouvard : il faut des financements de très long terme. Quelle articulation avec ce qui existe. Gouvernance : assurer une étanchéité totale avec le budget de l'Etat (faut-il mettre France Trésor dans la boucle ?).

Député Chartier : quelle part en "dépense" de personnel (pour la recherche). Forme juridique du fonds (type fonds stratégique d'investissement). Fonds piloté par le Parlement.

Député Fioraso : miser sur la rupture avec les nanotechnologies. Aider les fonds d'amorçage (fonds de dévelppement) : mieux que la recherche.

Député Vigier : grand emprunt générateur de confiance. Partenariat public privé pour lutter contre prédateurs (ministres).

Député Eckert : est-on dans le bon cadre. La plupart des grands succès ont été européens : Airbus ... Ne devrait-on pas aller vers un grand emprunt européen.

Réponses des premiers ministres :

Juppé : exemple de dépense avec retour sur investissement : fibre optique (on pourra faire du télédignostic ...) ==> retour sur investissement mesurable. Dans d'autres cas, difficile d'évaluer la rentabilité en dehors de critères socio-économiques. Pour la gouvernance : utilisation de plusieurs supports. Fonds dédiés à OSEO ?

Rocard : on financera des projets franco/français ... j'espère pour certains les flécher vers coopération européenne (problème de délai). Michel Rocard n'assurera pas la présidence du fonds.

FIN DE L'AUDITION (20 heures 30)

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Commentaires

  • Je suis favorable à l'idée de développer l'accès internet par fibre optique [je précise par soucis déontologique que je suis un professionnel des Telecoms au chomage et que donc le sujet de la fibre optique aurait pu relever d'un interet personnel dans mon cas, mais c'est en citoyen que je réagis ici].

    A mon sens ce sujet est bloqué depuis plusieurs mois par manque de volonté politique (pour une fois c'est vraiment le cas) la plupart des points techniques sont réglés où auraient pu l'etre depuis longtemps.

    Je pense que c'est important que la France le fasse dans les premiers au monde (nous sommes déjà derrière la Corée et le Japon) pour plusieurs raisons :

    1) parce que cela peut créer de nouvelles applications et services (on peut imaginer par exemple la diffusion de films de cinema par Internet avec la même qualité que dans les salles), on peut imaginer la créations de "télés" privées réduites à une entreprise, un club de foot, un groupe d'acitonnaire, de manière permanente ou évènementielle etc.

    2) le débit montant augmentant (un des premiers bénéfice de la fibre), on peut penser que les gens hébergerons eux même plus souvent un blog ou des services libérant les imaginations et les micro entreprises ou plus.

    3) la France sera mieux placée pour innover au niveau mondial sur les nouveaux services internet, rappelons que notre pays est trés bien placé dans les logiciels, et que nous avons d'ors et déjà des meilleures conditions de raccordements à internet que dans la silicon valley, les conditions seront présentes (il ne manquera plus que l'étincelle).

    4) nous sommes classiquement un pays qui investit dans les infrastructures, investir dans les infrastructures Internet, qui est à notre époque, ce que les structures métalliques étaient au temps d'Eiffel, c'est bien adapté à notre pays et à notre culture.

    NB je pense qu'il faut également veiller à l'accès en mobilité, les licences Wimax sont sous eploitées et après la fibre ou en paralèlle, à mon sens, internet en mobilité sera trés important.

  • 1. Les députés Français se souviennent ils que la France fait partie de l'Union Européenne ?

    *grand emprunt : compatibilité avec le traité de Maastricht (ajourné mais pas abrogé) ? Sans le grand emprunt, on est déjà en infraction avec le droit européen (amende = 830 millions par mois de retard, cf commissaire économique !) Alors avec !

    *en 2010, révision de la "stratégie de Lisbonne" (qui a lamentablement échouée) : est ce qu'il ne serait pas bon, dès lors, qu'on attende la nouvelle commission, qu'on fasse passer nos propositions à M. BARROSO et consorts...Histoire que l'on ne fasse pas un "grand emprunt" dont la stratégie différera de nos homologues ! A quoi sert il d'être dans l'UE...Si l'on continue de bêtement se tirer dans les pattes ?

    *endettement record de la France : on risque la banqueroute selon le FMI ! Est ce que c'est, vraiment, le moment de faire de l'emprunt...Alors que l'on peut trouver l'argent ailleurs ?

    Ex : est ce que l'Elysée a besoin d'un aussi conséquent budget com...Alors que le Gouvernement est de la même couleur politique, et en principe communique sur la même politique ?

    Ex : est ce que le Président a besoin de conseillers qui font doublon avec ceux de Matignon, qui là encore, poursuivent, normalement, les mêmes objectifs ?

    Ex : est ce nécessaire de financer une politique d'adhésion de la Turquie, alors que le Président nous explique être contre ?

    Ex : est ce qu'il ne serait pas bon de mettre de la lumière dans les comptes de la Nation ? En commençant par rembourser la Sécu ? Et en faisant en sorte que les taxes qui doivent lui revenir...Lui reviennent effectivement, ce qui n'est pas le cas pour l'heure ?

    Ex : est ce qu'on ne peut pas supprimer tous les "machins" (observatoires, comités) et après seulement les restaurer, si nécessaire...Attention précision : la "restauration" n'est possible que si le Parlement vote à 3/5 pour...Et avec un taux de participation de 51% des parlementaires (les lois votées à 10 çà va !)

    Ex : le problème de l'endettement de notre France, c'est que cela a des incidences (nécessairement) sur son indépendance (comment dire "non" à ceux à qui l'on doit tant ?)

    Pourquoi ne va t on pas à "Bruxelles", éventuellement en "menaçant" de ne pas agréer la nouvelle commission (il suffit de voir ce qui se passe au niveau européen, pour comprendre qu'on n'obtient rien par le compromis, tout par la menace : ainsi, trois pays dits "eurosceptiques" vont avoir les postes les plus prestigieux (Pologne : PE ; Angleterre : Présidence du Conseil Européen ; République Tchèque : vice président de la Commission, Haut Représentant aux affaires étrangères) ; tous les pays qui "trainent" des pieds obtiennent avantages sans inconvénients (Irlande, Allemagne, Angleterre, Pologne, République Tchèque, Slovaquie, Hongrie, Autriche, et qui est le dindon de la farce : la France !) demander l'ajournement du traité de Lisbonne...De l'un de ses articles : le 123 (ex 104 du traité de Maastricht) ?

    Ainsi, l' Etat pourrait emprunter auprès de la BCE et de la Banque de France. Il n'y aurait donc plus "d'intérêt de la dette". Et l'argent des "intérêts de la dette" finançerait de grands projets nationaux voire européen (ex : trains, routes, ponts : les "réseaux" sont la première valeur d'un pays ou d'une organisation internationale)

    Quant à la dette elle même, pourquoi ne pas faire racheter par les Français, eux mêmes, celle ci ? Ce qui est problématique, ce n'est pas que l'Etat soit endetté, mais que cet endettement ne se retrouve pas dans la croissance française, puisque les créanciers de l'Etat sont tous plus ou moins hors de France : ils ne participent donc pas à sa croissance.

    En rachetant la dette existante, et en la transférant sur des créanciers français (en évacuant le risque d'une créance à l'égard des seules familles les plus riches en équilibrant les créances) la dette française serait réinvestie dans l'économie...Ce qu'elle n'est pas en ce moment. Et il n'y aurait plus de problème d'indépendance de l'Etat, puisque l'argent à rembourser le serait aux Français eux mêmes.


    *L'Etat oubli l'une des règles essentielles pour qu'un tel investissement puisse être bon pour la France : les carrés d'or.

    Les secteurs où la France a le plus de chance de réussir sont les secteurs où elle est déjà performante : cela peut paraitre bête, mais on a beaucoup plus de chance de progresser en misant sur les atouts de notre France qu'en essayant de rattraper d'éventuels "retards".

    Concrètement, la France a tout intérêt à fortifier plusieurs choses :

    --son réseau : en perdition depuis plusieurs années, il convient aujourd'hui de mettre l'accent sur ledit réseau car c'est du fait de notre position géographique, et de notre situation touristique, essentiel. Donc plus de transports en commun, plus de trains...Mais aussi plus de réseaux ferrés optimaux (pas actuels), plus de trains corails et TER performants (la SNCF n'a d'yeux que pour les TGV, ce qui peut se comprendre, mais n'est pas dans l'intérêt du pays : si l'on veut que les citoyens "bougent" il faut leur donner le moyen de le faire, à moindre coût (pourquoi pas la "gratuité" (ou le même tarif "service public") pour les citoyens qui prennent les TER ou les trains corails, seuls les TGV étant payants (en fait, lesdits trains ne seraient pas "gratuits" mais financés via le budget de l'Etat, donc par l'impôt)

    --son patrimoine : les élus sont très peu attentifs au fait que des milliers d'objet du patrimoine disparaisse chaque année ! Idem, on voit les élus construire des mosqués, au mépris de la loi, mais l'Etat ne fait rien pour aider les mairies à garder leur patrimoine, pourtant riche (même les révolutionnaires, après une période "folle" ont compris qu'il n'était pas dans l'intérêt du pays de détruire les fruits du passé)

    --son influence : pourrait on enfin avoir un représentant à Bruxelles qui ne défende pas l'anglais ? Le français n'est jamais défendu...Comment voulez vous qu'on ait la moindre influence dans ce cas là ? Idem...L'absentéisme est français ! Alors quelle mesure pour que nos "représentants" SIEGENT et éventuellement se fassent connaitre ? On a dépensé des milliards pour "émerveiller" mais au final, qu'a t on gagné à l'issue de la présidence française de l'UE ? Peanuts !

    La France (il suffit de lire Quatremer) est très absente à Bruxelles...Et quand son représentant (LELLOUCHE) parle, c'est pour donner des leçons ! (Ex : M. LELLOUCHE ne cesse de décrier M. KLAUS parce qu'il ne signe pas le traité de Lisbonne. Mais le brave LELLOUCHE ignore t il que ledit Président KLAUS ne peut le faire, sauf à être arbitraire dans son pays, où l'on respecte, en principe, la Démocratie ? La Démocratie qui veut qu'un Président ne saurait signer un traité sans avoir obtenu la validation de la Cour Constitutionnel, et sans être libre de donner son opinion, respect de la règle de séparation des pouvoirs oblige ! En revanche, ce même LELLOUCHE trouve "courageux" que le Gouvernement ne mette pas en oeuvre les lois votées par les parlementaires Français...Ce qui est un délit ! Cherchez la cohérence !)

    Financement : pourquoi la France ne fait elle pas appel, pour financer ses projets - qui pourraient s'inscrire dans la fameuse "stratégie de Lisbonne" - au FOND d'investissement européen...Dont c'est la mission première...L'investissement ? Pourquoi la France est elle le seul pays européen qui donne des sous pour le fond commun...Mais n'en utilise pas la recette ? Au contraire de l'Angleterre, pour ex, qui donne moins, mais se sert copieusement ?

    L'avantage de ce fond, c'est que ce n'est pas un "emprunt' mais un "pot commun" où l'on peut aller prendre quelques deniers, puisque tout le monde le rempli. Alors pourquoi sommes nous toujours les premiers à le remplir, et dans les derniers pour l'utiliser ? UE : tous les inconvénients sans les avantages pour la France ? Quelle utilité pour la France ?

    Pourquoi les parlementaires UMP ne demandent ils pas aussi des comptes à la Commission ?

    80 millions d'€ pour les bureaux du futur ministre européen des affaires étrangères ! Une priorité assurément !

    Le nouveau siège du Conseil coûte 315 millions d'€ ! Pas asse cher, pas assez cher ! Heureusement, nous sommes en période de crise...

    2,4 millions d'€ (soit le budget pub de Coca pour 11 pays) pour faire "entendre raison" aux Irlandais ! Payés par les contribuables cela va de soi...Rappelons que la Commission, en principe, aurait dû rester "réservée" !

    9,3 millions engloutis dans un Spa pour eurocrates !

    Ajoutons à cela que la Commission a un service de diplomates, payés rubis sur l'ongle par les contribuables...Alors qu'aucun traité européen ne lui donne ce droit de financer des "emplois" dès lors fictifs" sur le plan juridique !

    Je me suis rendu sur le site suivant, destiné à présenter l'utilisation des deniers publics.
    http://ec.europa.eu/beneficiaries/fts/index_fr.htm

    Pour le moment, le site permet de rechercher les subventions attribuées en 2007 et 2008. Ca s'appelle Système de transparence financière.

    Pour avoir un résultat, sélectionnez par exemple les critères "France" comme pays de versement, et 2008 comme année, sans remplir le champ "bénéficiaire".

    Hop, vous recevez 2791 résultats, pour un montant global de 2,5 milliards d'euros environ. Sachant que l'Union nous coûte un minimum de 17 milliards d'euros par an, et que nous en recevons environ 13, vous ne verrez donc au mieux sur ce site qu'un cinquième de ce que l'Union nous envoie, et un peu plus d'un septième de ce qu'elle nous coûte....Où est le reste ?

    Première ligne, la plus importante donc : 622 M€ pour Galileo. Il y a trois ans c'était mal parti du fait de problèmes de positionnement par rapport au GPS américain. Depuis, Wikipedia nous apprend que le problème américain est résolu, grâce à un accord de 2004 qui "est en grande partie confidentiel mais pour l'essentiel, il peut être dit que l'accord conclu prévoit la possibilité de discriminer, en cas de crise, les signaux militaires américains "M code" des signaux civils du GPS américains"...

    Bref...GALILEO est loin d'avoir préservé son indépendance vis à vis du GPS ! 1/4 des subventions européennes versées en France pour un projet à l'utilité douteuse donc.

    146 M€ pour le TGV Est. Grâce à l'Union européenne la France aura des trains. Miracle ! Sauf qu'il n'y avait pas besoin d'encourager la SNCF...Qui a déjà des yeux de Chimène pour les TGV. En revanche, TER et trains Corails, les plus utilisés par les citoyens donc, sont eux abandonnés...Par l'Etat comme l'UE. L'Etat parce qu'il ne donne pas aux élus NATIONAUX la possibilité de définir les services publics que doit rendre la SNCF (c'est elle qui les définie ! Cool !) et laisse les collectivités territoriales se battre seules ; Bruxelles en encourageant les TGV...Déjà fruits défendus de la SNCF ! Bref, le contribuable paye trois fois un service plus ou moins médiocre !

    Ensuite, des subventions pour un réseau de transport européen, de la recherche et des projets d'infrastructure beaucoup. Rien à signaler...Sauf qu'il manque sérieusement un but à toute cette recherche. Rechercher pour rechercher, n'a pas beaucoup de sens...On remarquera, au passage, que les financements pour le CEA, le CNRS, et autres organismes scientifiques nationaux à la moulinette bruxelloise...Ce qui est loin d'avoir amélioré leur bilan. Ne faut il pas dès lors se poser la question : quelle utilité y a t il à cet étage bureaucratique supplémentaire ?

    Erasmus et autres programmes plus flous de coopération, gérés par une agence Europe Education formation, pour 55M€. Autant je souscris à Erasmus, autant j'ai des doutes sur l'utilité du programme Grundtvig, qui "vise à améliorer la qualité et à renforcer la dimension européenne de l'éducation des adultes grâce à diverses activités de coopération au niveau européen afin d'offrir aux citoyens européens davantage de possibilités de mieux se former tout au long de leur vie". Concrètement ?

    7 M€ pour Civipol, une annexe du Ministère de l'intérieur, à dépenser au bénéfice des pays nouveaux entrants (Aide à la transition et au renforcement des institutions en faveur des pays candidats). Je ne vois pas bien le rapport entre "police" et "renforcément des institutions" mais bon...

    6 M€ pour Radio France, pour "Production and broadcasting, by a radio network, of informative radio programmes on EU affairs, to be relayed on an Internet portal" (en européen dans le texte). Pouvez vous m'expliquer pourquoi je finance DEUX FOIS certaines radios ? Les financement de l'Etat sont déjà, pourtant, conséquent. Quelle utilité y a t il à faire financer deux fois des radios nationaux, une fois via le budget national, une fois via le budget européen ? Qu'on se décide : soit financement national, soit financement européen...Mais pas deux financements distincts, qui font doublon, et grèvent le contribuable.

    5M€ pour Euronews, 3 M€ (!) pour Courrier International pour un site Internet multilingue avec des articles sur l'Union européenne (à ce prix là je devrais pouvoir le faire aussi...!) Est ce que l'Union Européenne peut me donner ces sommes ? Je peux faire beaucoup mieux, à moindre frais : un quart des sommes versés suffirait, et encore je vois large, pour faire tourner les deux "bénéficiaires" !

    3 M€ à une SARL de Lyon inconnue, qui fait des missions de conseil à l'étranger, et pour laquelle la subvention européenne représente plus de 75% de son chiffre d'affaires...!

    Mais attendez le plus beau : on trouve aussi des
    montants versés à des personnes non identifiées, notés "confidentiel". Etonnant par exemple que les "FRAIS DE FONCTIONNEMENT BUREAUX ECHO SUR LE TERRAIN ECHO/THAILANDE" soient versés à des organisations non identifiées, en Belgique, au Danemark et en France, ainsi qu'aux...propres services de la Commission !

    Une bonne part des financements à destination de la France servent en réalité à financer l'action extérieure de la Commission, laquelle action extérieure n'existe officiellement pas !

    Confidentiel aussi le bénéficiaire en France d'un versement de 1,2 M€, au titre d'un "Instrument financier pour la promotion de la démocratie et des droits de l'homme"...Si je comprends bien, la France a des problèmes de Démocratie ?

    Confidentiel non plus le bénéficaire mais l'objet d'un versement de 440 000 € à la Fondation Robert Schuman, dans le cadre d'un programme "Justice pénale" - domaine qui ne relève par ailleurs pas de la compétence communautaire. Quel élu passera un coup de fil à ladite Fondation pour poser les questions qui s'imposent ?

    Si l'on cherche d'ailleurs tous les versements à des destinataires notés "confidentiel", on trouve, en 2008, 177 versements pour un montant de 75 M€, pour l'ensemble de l'Union. Nombre de ces versements le sont au titre de l'"Instrument européen pour la démocratie et les droits de l'homme".

    La destination géographique des fonds est très variable, ça va du Liban au Royaume-Uni. A l'étranger, c'est sans doute un moyen de financer la politique extérieure de l'Union qui n'existe pas....Mais, dans les pays membres, il s'agit probablement de financer des organismes bien pensants qui diront du bien de l'Union européenne, en toute indépendance bien entendu ! Ou bien les médias nationaux qui sont très silencieux sur les directives européennes...

    Il y a également les "personnes privées" bénéficiaires de fonds européens. Par exemple, dans le cadre du programme SI2.491998.1, "Capacités — Infrastructures de recherche (08.12.01)", 28 "personnes privées" de toutes nationalités (Etats-Unis, Afrique du Sud, Turquie et Suisse comprises) se sont partagées 650 000 euros.

    De deux choses l'une, soit se sont des personnalités reconnues, universitaires ou autres, qui ont planché pour la Commission et on ne voit pas bien quel est l'intérêt de protéger leur anonymat (travailler pour une organisation internationale fait rarement mauvais genre dans un CV), soit l'objet de ces financements, leur mode de répartition ou de gestion laisse à désirer et ne peut être rendu public. Pas glorieux tout çà !

    On ne trouve rien sur les financements européens accordés aux partis politiques. Ces financements relèvent du budget général de l'Union, pas des subventions. J'aimerais bien disposer des ces intéressantes informations.

    Pourquoi conviendrait il que les élus nationaux s'intérèssent au budget européen ?

    1. Parce que l'Union européenne ne cessent de vanter la qualité de sa gestion, sa rationalité, opposée à l'égoïsme étroit et à l'archaïsme des états-membres. Pas besoin de gratter très loin pour constater qu'il n'en est rien, et que très vraisemblablement l'Union a son lot de casseroles et de scandales financiers.

    2. Parce qu'il n'est pas indifférent de savoir qu'une bonne partie des deniers publics partent vers les médias ! A quelle fin ? Puisque ceux ci bénéficient déjà de sommes étatiques versées pour leur devenir ?

    Sans même évoquer les financements confidentiels au titre de la démocratie et des droits de l'homme dans les pays membres de l'Union, dont j'aimerais bien savoir l'objet exact. Au Liban, en Irak, je veux bien admettre l'utilité éventuelle de ces financements - quoi qu'on peut se demander s'ils ne sont pas des pots de vin cachés, comme les mallettes que la France versait (et verse toujours) au titre de ses relations diplomatiques avec les pays africains - mais en quoi des pays qui se disent "démocratiques" ont ils besoin de promouvoir celle ci ? Ou d'aider à l'épanouissement de celle ci ? CHEZ EUX ?

    3. Car il m'importe également que les citoyens Français sachent où va leur argent, et que leurs représentants votent en conséquence le budget européen, à l'heure où les cordons de la bourse se resserrent. Qu'ils prennent aussi conscience que, fort vraisemblablement, la majeure partie des fonds qui sont censés bénéficier à la France repartent en réalité aussitôt ailleurs.

    L'Union européenne coûte donc sans doute plus près de 10 milliards d'euros par an que des 3 ou 4 milliards officiels (la taille du déficit du régime général de la Sécurité sociale, excusez du peu). A ce niveau là, on est en droit de demander des comptes, sachant qu'en plus la mauvaise politique économique de l'Union nous coûte aussi beaucoup en manque de croissance et donc en emplois (laissons la parole à Olivier Ferrand, président du nouveau gadget à la mode au PS, Terra Nova : "Il y a une réalité que l'on mentionne rarement, car elle est désagréable à entendre : l'Union est tout simplement la zone du monde àù la croissance est la plus faible (L'Europe contre l'Europe, Hachette)...

    4. Parce que je prévois prochainement d'ouvrir un site (tiens, je vais peut être le faire financer par l'UE !) qui aura pour objet d'enquêter et interroger sur ces fonds, et une aide de mes représentants seraient vraiment bien.

    5. Parce que quand je lis que Ségolène Royal entend faire financer par l'Union européenne sa fondation pour la démocratie participative, c'est un peu la goutte d'eau qui fait déborder le vase. Ce serait une ingérence directe de l'Union dans la politique des états membres...Et une violation indirecte des lois républicaines, sur le financement des partis. L'UE se rendant ainsi complice !

  • Dans la lignée de l'article ci dessus et de mon commentaire précédent qui sous entendait le point, le blocage persistant est clairement identifié et rappelé dans l'article ci dessous :

    http://www.freenews.fr/spip.php?article7272

    Si on veut dépenser (utilement) l'argent de l'emprunt il faudra bien trouver une solution.

    France Telecom devrait être rassuré et l'intérêt supérieur du pays mis en avant.

    C'est ce que j'évoquais par "volonté politique"

  • Effectivement, citoyenlambda, que fait donc l'actionnaire principal de France Telecom ? Un certain Etat ?

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